La respiration - apprendre à chanter
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hyperhoilon. hyperboldon. hypertroléon.
B
HYPATE hypaton.
Sons anciens: PARANIESE. Taira PARANÈTE ESTE
diéreuenénen. .dideengtn. di-beurra.
Intervalles.
Enfin la double octave fut complétée par la proslantbanomène (= corde ajoutée) au graves; et la mèse se trouva de nouveau — cette fois dans un sens absolu — au milieu de l'échelle.
§ II.
Deux sons musicaux, qui se font entendre soit l'un après l'autre, soit simultanément, ont une même hauteur ou une hauteur différente. Dans le premier cas nous disons qu'ils sont à l'unisson, les anciens disent qu'ils sont isotones, homotones3; dans le second cas
Les termes hypato, parhypate, lichanos, non accomp.agnés d'une épithète, désignent toujours les sons du tétracorde méson.
2 e La prosiambanoméne est ainsi dite, parce qu'elle ne fait partie d'aucun tétracorde. « Elle a été ajoutée en dehors [des tétracordes] , afin que la mèse eà »t [au grave comme « à l'aigu] une consonnance [d'octave]. s ARIST. QUINT., p. ro. — NICOM., p..es. — Cf. MARI. CAP., p. 583 (Meib.)..
3 icdrovol (Ppot., I, 4). — 4,447ems (Ponm., p. 258). — Cf. BRYENNE, p. 379 et passim.
INTERVALLES. 91
ils-forment un intervalle (Suierreka). Selon Aristoxène, l'intervalle se définit ainsi : « l'espace compris entre deux sons qui diffèrent « d'intonation'. » Les intervalles peuvent différer entre eux de cinq manières : t° ils se distinguent les uns des autres par la grandeur (c'est-à -dire par l'étendue qu'ils embrassent) ; 2° les uns sont consonnants, les autres dissonants; 3° ils sont ou composés, ou incomposés; 4° ils diffèrent quant au genre; enfin 5° les uns sont irrationnels, les autres rationnels'.
D'après la première distinction, c'est-à -dire d'après la distance de leurs termes extrêmes (xcvrâ geh4rye9o5) ils se divisent en petits et en grands intervalles3. Sont considérés comme petits intervalles dans le genre diatonique : le demi-ton (eyikraino, hemitonium), le ton (Tdvog), la tierce mineure (rproptedinov, trihemitonium, c'est-à -dire intervalle de trois demi-tons) et la tierce majeure (Umm, ditonum ou intervalle de deux tons). Parmi les grands intervalles les principaux sont : la quarte juste (Mt TEo-oSpeov, diatessaron), la quinte juste (Siét, irà rrE, diapente) et l'octave (8ià /retenir», diapason)4; plus, la réplique de ces trois derniers intervalles à l'octave supérieure, ce qui donne : la onzième (diapason cum diatessaron), la douzième (diapason cum diapente), enfin la quinzième ou double octave (eg 41à s-acreop, disdiapason).
Les autres intervalles diatoniques, compris entre la quarte et l'octave, sont nommés moins souvent par les écrivains. Ce sont : le triton ou quarte majeure (rpirooy, tritonum); cet intervalle, qui ne se trouve qu'une seule fois dans l'échelle de 15 sons (de la parhypate -hypaten--à la paranzèse), renferme toujours une disjonction; la quinte mineure (que les anciens appellent aussi triton), composée de deux tons et deux demi-tons, et renfermant toujours une conjonction; la sixte mineure (rerpeeirovo, tetratonum, c'est-à -dire intervalle de quatre tons = trois tons et deux_ demi- tons) ; la septième mineà »re (irerreerovo, pentatonum, intervalle de
Archai, p. 15 (Meib.). — Cf. ANON. Il (§ 50, Bell.). — Ps.-Euct., p. 1. — BACCH., p. 2 (Meib.). — ARIST. QUINT., p. 13. — GAUD., p. 4. — Thrasylle ap. PORPH., p. 266. — BRYENNE, p. 382.
2 ARISTOX., Archai, p. 16 (Meib.). — Ps.-Euct., p. 8. — ANON. II (§ 58, Bell.). — BRYENNE, p. 381. — Cf. ARIST. QUINT., p. 13. — MART. CAP., p. 185 (Meib.).
3 &au-neer:vett ixsieroya, FEiZova, intervalla minora, majora. Ps.-Euct., p. 8. 4 P1.-Euet., p. 8.
Intervalles successifs.
é •
92 LIVRE II. — CHAP. I.
cinq tons = quatre tons et deux demi-tons)', nommée aussi disdiatessaron2, double quarte. Ces termes, propres aux aristoxéniens, se rapportent à la pratique du tempérament; ils supposent l'octave divisée en six tons ou douze demi-tons, égaux en étendue.
La sixte majeure (rerpokovoy >mi ilictirdytoy, tetratonum et hentito-• nium) est mentionnée très-rarement par les théoriciens de l'antiquité3, bien que nous ayons des exemples de son emploi dans les mélodies du IP siècle.
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(Hymne e ta Muse.)
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(Hymne à Hélios.)
. Quant à la septième majeure (iravreirrovov ;ad iikerdino, pentatonum et- hentitonium), elle n'apparaît ni chez les théoriciens, ni dans les fragments conservés; ce qui, au reste, n'a pas de quoi nous surprendre : cet intervalle étant relativement d'un emploi rare, même dans la mélodie vocale des modernes.
Les noms diatessaron, diapente, diapason, ont été donnés à cause du nombre des sons sur lesquels la voix peut s'arrêter, en procédant du plus grave -au plus aigu ou vice-verse. Diatessaron signifie littéralement par quatre [sons] , diapente, par cinq [sons] ; diapason veut,dire par tous [les sons du système] 5; « en effet, » dit Aristide,
r Ps.-EtmL., p. 8. — Bnccx., pp. 12, 13, 21 (Meib.),
z ARISTOTE, Probl., XTX, 34, 41. — Et cL., Sect. Can., p. 32 (Meib.).
3 Cf. BAccu., p. z8 (Meib.).
4 A nmacro nontina receperunt. VITR., de A rch., V. 4. — On trouve aussi la dénomination diatrion (eiet eicidiv), pour la tierce (mineure) chez l'Aulx.% III (§ 4, 5, 85, Bell.).
5 « Pourquoi dit-on diapason-(par toutes) et non, d'après le nombre [des cordes], diocto « (par huit), comme on dit diatettaron et diapente (par quatre et par cinq)? Est-ce parce s que anciennement [la lyre] avait sept cordes [seulement], et que Terpandre n'ajouta
la ete qu'après avoir éliminé la trite? Est-ce pour ce motif qu'on a dit, non T'Oint par â– â– huit — car il n'y en avait que sept — mais par toutes? » ARIST., Probl., XIX , .32. — s+ L'octave peut contenir en elle toute idée mélodique; c'est pourquoi elle est appelée 44 diapason, et non diocto. s PTOL., III, I.
INTERVALLES. 93
« tout son dépassant l'octave est entièrement semblable à un de
« ceux qui ont précédé'. »
L'école de Pythagore possède, pour ces intervalles et pour quelques • autres, une terminologie particulière, qui nous est transmise par Nicomaque, d'après Philolaos, l'un des disciples immédiats du maître. Dans le langage de cette école, la quarte s'appelle syllabe (n-u».a,j34), la quinte, dioxie (8media), l'octave, harmonie (ôeehovia), l'intervalle de ton, épogdoos (eroYSoog),
demi-ton, diesis (Sieng), c'est-à -dire division'. Malgré l'opinion généralement adoptée à cet égard3, il ne parait pas que ces termes soient antérieurs à ceux dont l'usage est devenu général.
En effet, Aristoxène dit que « le diatessaron fut ainsi nommé
• par les anciens parce qu'il est compris le plus souvent dans
« quatre sone, » et quant au mot diapason, il se refère à une phase de l'art certainement antérieure à Pythagore3. Au reste, cette terminologie n'eut qu'une existence éphémère, même dans l'école dont elle était sortie ; elle n'est employée par aucun des écrivains récents, pythagoriciens ou néo-platoniciense.
Au point de vue de la sensation auditive produite par l'émission Interralles
stmultnnés
simultanée de deux sons, la théorie antique divise les intervalles en consonnants (a4+:1)tÅ“nt) et dissonants (rhebtoyez). Sont considérés
Page 16-17.
2 « Philolaos, successeur de Pythagore, nous démontre que les plus anciens ont énoncé g des choses conformes à celles que nous Venons d'exposer, lorsqu'ils ont donné à l'octave a le nom d'harmonie, celui de syllabe à la quarte (qui est, en effet, la première combinaison. " "X3 71,145, de sons consonnants), et celui de dioxie à la quinte (parce que en progressant
g vers l'aigu, Ziel ej, la quinte suit immédiatement la quarte, la consonnance pri-
a mordiale). La combinaison de la syllabe et de la dioxie produit le diapason, appelé
« harmonie, parce que c'est la première consonnance composée, roi 6sBri, de conson-
« nances. a Nicola., 16.17 (Meib.). a Ainsi l'harmonie comprend cinq tons, iirdyeo5J, et
« deux demi-tons, ?tà oets ; la dioxie trois tons et un demi-ton; la syllabe, deux tons et
e un demi-ton. e Id., p. 17. — Cf. PORPH., p. 271. — ARIST. QUINT., p. 57.
3 Cf. MARQUARDT, die harm. Fragnt. des Aristox., p. 261.
4 Archai , p. 22 (Meib.).
5 Cf. la note 5 au bas de la page précédente.
6 Deux de ces termes (dioxie, diesis) se trouvent dans les Problhnes d'Aristote r a Pourquoi la double quinte (Siç et' derterv, c'est-à -dire la neuvième majeure) et la double a quarte (4s s'a zv râçwv—sep6éme mineure) ne consonnent-elles pas, comme le fait la
« double octave ? s Probl. 34,41. e Pourquoi fl'hypatel se chante-t-elle plus facilement que
e la parhypate, bien que ces deux sons ne diffèrent que d'un diésis (demi-ton)? e Probl. 4.
94 LIVRE IL — CHAP. L.
comme consonnances ou symphonies : « les intervalles de quarte,
« de quinte et d'octave; ensuite leur réplique à l'octave supérieure,
« c'est-à -dire la onzième, la douzième et la double octave'; enfin deux
« intervalles qui dépassent la double octave : la dix-huitième (double
« octave + quarte) et la dix-neuvième (double octave + quinte)'.
• Sont rangés parmi les dissonances ou diaphonies I° tous les
« intervalles plus petits que la quarte : le demi-ton,, le ton, la tierce « mineure, la tierce majeure; 2° tous ceux qui sont placés entre les
« consonnances; à savoir : entre la quarte et la quinte, le triton;
« entre la quinte et l'octave, le tetraton ou sixte mineure, le pentaton
« ou septième mineure et autres semblables » (l'auteur entend par ces derniers mots la sixte majeure et la septième majeure, qui, selon l'usage, ne sont pas mentionnées expressément).
Tout intervalle consonnant, combiné avec l'octave, restera consonnant. e Ams'rox., Archal, p. 20 (Meib.).
a Le paragraphe relatif à ce sujet parait être complet, tant dans les Archal que dans les Stoicheia. Voici celui de ce dernier ouvragea : « La seconde division des intervalles « les partage en consonnants et en dissonants.... Les intervalles consonnants ont huit grandeurs. La pile» petite de ces grandeurs est ta quarte. Cette qualité d'être le plus petit
« consonant appartient à la nature de cet intds.Valle; et la preuve, c'est que nous chan« tons beaucoup d'intervalles plus petits que la quarte, mais qu'ils sont tous dissonants. « La seconde grandeur est ta quinte; et quelle que soit la grandeur qu'on établirait entre
« ces deux intervalles, elle serait dissonante. La troisième [grandeur oonsonnante], réunion
• de ces deux consonnants, est l'octave; et les intervalles que l'on établirait entre cette
« grandeur et les précédentes seraient dissonants. Ces consonnances sont données ici
« d'accord avec les musiciens antérieurs; quant aux autres, c'est à nous-mêmes de les
« déterminer. En premier lieu, il faut dire que de la réunion d'un consonnant quelconque â– â– avec l'octave, il résulte Une grandeur consonnante. Ii y a donc une particularité dans la
« structure de ce consonnant; c'est que si l'on y ajoute un autre consonnant, soit inférieur
« [en grandeur], soit supérieur, soit égal, l'intervalle qui en résulte est consonnantb.
« Cette propriété n'appartient pas aux deux premiers [la quarte et la quinte]. En effet, « si l'on ajoute à chacun d'eux un intervalle égal, il n'en résulte pas un ensemble con-
« sonnant'; il en est de même [si l'on ajoute à chacun] la grandeur composée de chacun
« d'eux et de l'octaves; mais de la réunion de ces consonnants résultera toujours une
« dissonance. — Cf. Archal, p. 20 (Meib.).
a Nous le donnons d'après la traduction de Rush.x, II , 6. (Meib,, p. 44-45).
h Ce principe permet de déterminer sà »rement les autres cinq grandeurs consonnantes auxquelles Aristoxène vient de faire allusion. En effet, si l'on ajoute à l'octave une cone:mn:ince plus petite (octave -1- quarte, octave -1-quinte), on obtient deux de ces autres consonances : la onzième et la douzième. En ajoutant ensuite à l'octave ces deux
consmità nces plus grandes qu'elle lactase -F- onzième, octave-,- douzième), on en obtient deux autres nouvelles la
dix-Anètième et la eisz.nenvaene. Enfin si l'on ajoute à l'octave une consonnance de métra grandeur qu'elle (octave octave), on obtient h quinzième. Voilà les cinq autres auxquelles il est fait allusion.
c En effet t quarte -t- quarte = septième mineure ; quinte -I- quinte= neuvième majeure.
d Quarte.-. onzième .= quatorzième mineure, c'est-à -dire octave et septième mineure ; quinte -e- douzième = seizième majeure, en d'autres termes double octave et ton.
CONSONNANCES ET DISSONANCES. 95
Voilà tout ce qu'Aristoxène enseigne d'essentiel sur les consonnances et les dissonances. La théorie des pythagoriciens, sans offrir des différences fondamentales avec celle de l'école rivales, est exposée avec moins de sécheresse. Elle renferme une foule de définitions et de classifications, qui nous font mieux comprendre cette doctrine, assez étrange pour nous au premier abord zé C'est ici un des points dont cette école s'est le- plus occupée, et le thème favori de ses dissertations 3.
Le principe des pythagoriciens est à la fois mathématique et Doctrine
pythagorzcienne.
métaphysique : c'est le rapport des nombres contenus dans les sons qui détermine la qualité consonnante ou dissonante d'un intervalle. Plus ce rapport est simple, et plus la consonnance est parfaites. Cette doctrine, déjà enseignée par l'illustre fondateur de la secte, reprise et développée par Lasos, par Aristote, par Euclide et plus tard par les néo-platoniciens, est formulée clairement par Nicomaque, dont Boà «ce nous transmet les paroles.
« Ce n'est pas, » dit-il, « une seule vibration qui produit un son
« uniforme; mais la corde, une fois mise en mouvement, donne
« naissance à des sons nombreux, puisqu'elle imprime à l'air de a fréquentes vibrations. Cependant, comme la rapidité de ces
« chocs [de l'air] est si grande qu'un son se confond en quelque
« sorte avec l'autre, on ne s'aperçoit pas de la distance [qui les
« sépare] , et c'est pour ainsi dire un son unique qui parvient à
Le nombre des consonnances n'est pas tout à fait le même dans les deux écoles; Ptolémée n'en admet que six : la quarte, la quinte, l'octave, la onzième, la douzième, la quinzième. 1,7. e Mais Denys, Eratosthène et plusieurs autres, s dit Porphyre (p. 270), a en reconnaissent, comme Aristoxène , huit. »
2 Cf. WAGENER, Mentbire sur le symphonie des anciens, où se trouvent réunis et discutés tous les textes importants qui se rapportent à ce sujet.«
3 Aristote, qui, en tant qu'écrivain musical, doit être rangé parmi les pythagoriciens, revient souvent sur ce sujet, et notamment dans ses Problèmes. « Pourquoi l'octave est-elle
• plus suave que la quarte ou la quinte ? Probl. r6. a Pourquoi la double quarte et
a la double quinte ne forment-elles pas une consonnance ? s Probl. 34, 41. « Pourquoi s l'octave est-elle la plus belle des consonnances ? s Probl. 35. « Pourquoi l'accord con-
« sonnant est-il plus agréable que l'unisson ? » Probl. 39. — Cf. MARQUARD, die harm. Fragm. des Ariston., p. 233-239.
4 « Les consonants font des deux sons un mélange uniforme; pour les dissonants il
« n'en est point ainsi. Dès lors il est naturel que les consonnances répondent à des a nombres formant entre eux soit un rapport multiple (2: s, 3:1, 4:1), soit un rapport
• superpartiel (3: z, 4: 3). » Huer–, Sect. can., p. 24.—Cf. TMEON DE SMYRNE, p. 79-82 (13u11.).
e
96 LIVRE IL — CHAP. I.
« nos oreilles. Or, lorsque les vibrations des notes graves et des
« notes aiguà «s sont commensurablés entre elles (comme par
« exemple dans les proportions indiquées ci-dessus), il est hors de
« doute que ces mesures communes se confondent elles-mêmes et
« produisent l'unité de sons qu'on appelle consonnancez. Nous
« prenons plaisir à la consonnance, » dit Aristote, « parce que
« c'est un mélange de deux choses contraires qui se trouvent l'une
« à l'égard de l'autre dans un certain rapport. Or, le rapport c'est
« l'ordre, qui nous plaît naturellement'. » Les anciens se rapprochent ainsi de la doctrine formulée par Euler au XVII' siècle, à savoir « que l'âme humaine trouve un bien-être particulier dans « les rapports simples, parce qu'elle peut plus facilement les
« embrasser et les saisir. » Mais ils appliquent leur principe d'une manière restreinte, en n'admettant comme consonnants que les intervalles représentés par les rapports 2 : i (octave), 3 : 2 (quinte), 4: 3 (quarte), 3 : I (douzième), 4 : i (double octave) et 8 : 3 (onzième) 3. La sensation auditive produite par les consonnances et les dissonances est analysée d'une manière uniforme par tous les écrivains : « dans-la consonnance les deux sons se mélangent
« au point de s'absorber mutuellement, de telle manière que
« l'oreille ne reçoive qu'une impression unique, douce et suave4. » Elien•le platonicien compare la consonnance à « du vin mélé de
« miel, où aucune des deux substances ne prédomine, et ayant le
« goà »t d'un breuvage particulier, qui n'est ni du miel ni du vin.
« Dans la dissonance, -au contraire, le mélange ne s'opère pas;
« les sons se repoussent, pour ainsi dire, l'un l'autre, et l'impres-
«sion totale est dure et pénible. »
Ces définitions ont fait fortune dans l'antiquité; on les retrouve
Bodcx, I, 3.
2 -Probl., XIX , 38.
3 Ce dernier rapport ne fut admis qu'avec une grande hésitation, et, â la vérité, il violait l'ancien principe pythagoricien. Cf. Baccu. (§ 2g, Bell.). Les modernes admettent en plus, comme consonnants, les rapports 5 : 4 (tierce maj.), 6: 5 (tierce min.), 8 : 5 (sixte min.) et 5 : 3 (sixte maj.).
4 141com., p. 25. — PORPH., pp. 218, 265, 270, 277. — Consonantia est sciai mil gravisque mixtura, suaviter uniformiterque «ranis =idem. Dissonantia vers est etusrum
« sonar= sibimet permixtorum ad eurent miens aspera atque injucunda percussio. b I3act , Mus., I, 8. — Cf. I, 28.
CONSONNANCES ET DISSONANCES. 97
non-seulement chez les éclectiques, mais aussi dans les écrits les plus aristoxéniensi.
Ainsi, ce qui semble plus particulièrement avoir frappé les anciens dans la consonnance, c'est la fusion complète de ses éléments constitutifs. A côté de cette propriété de l'intervalle symphonique, il en est une autre, dont font mention trois définitions puisées à une même source, et assez obscures dans leurs termes, bien qu'à notre avis leur sens ne soit nullement douteux. Voici comment s'exprime Gaudence : « On appelle consonnants « les sons qui, émis simultanément au moyen des instruments à
« cordes ou des instruments à vent, ne produisent toujours qu'un « seul et même chant, soit du grave par rapport à l'aigu, soit de
« l'aigu par rapport au grave Les sons dissonants sont ceux
« qui, émis simultanément de la même manière, produisent au
« grave un mélos différent de celui qui apparaît dans la partie
« aiguà « et vice-versas... » Selon nous, ce passage doit être interprété de la manière suivante. Si, à un dessin mélodique quelconque — soit celui-ci —
on ajoute une seconde partie à l'octave, à la quinte ou à la . quarte justes :
"r:› a-er
il est évident que le chant se trouvera à l'aigu aussi bien qu'au grave, puisque la partie ajoutée reproduit rigoureusement les
BACCH., 2 (Meib.). — GAUD., II. — BRYENNE, p. 382. — PS..EUCLIDE, p. 8.
2 Page sr. —, Qu'est-ce que la consonnance ? C'est le mélange de deux sons placés à
• des degrés différents de l'échelle musicale, dans lequel le chant ne paraît pas apparfi tenir au grave plutôt qu'à l'aigu, ni à . l'aigu plutôt qu'au grave. Qu'est-ce que la
« dissonance? Elle a lieu lorsque dans l'émission de deux sons différents le chant appar,, tient en propre, soit au grave, soit à l'aigu. » BACCH., pp. 2, 14 (Meib.). — « Les sons consonnants sont ceux dont l'émission simultanée fait en sorte que la partie mélodique â– , ne se manifeste pas plus dans l'aigu que dans le grave; les dissonants sont ceux dont
« l'émission simultanée fait passer à l'un des deux la partie mélodique. » ARIST. QUINT., p. r2. — Cf. WAGENER, Mémoire sur la symphonie des antiens, pp. 8, 9. — HELMHOLIZ, Théorie phys. de la n T-p 5 et suiv.
13
98 LIVRE IL — CHAP. I.
intervalles consécutifs de la mélodie. Il y aura donc unité parfaite, identité absolue, entre le mélos et la partie secondaire.
Si, au contraire, nous accompagnons notre mélodie par une suite de diaphonies, tierces ou sixtes, — pour ne pas parler de septièmes et de secondes — le chant des deux parties offrira une succession d'intervalles entièrement différente :
en conséquence la mélodie principale se trouvera exclusivement, soit dans la partie grave; soit dans la partie aiguà «.
Un autre écrivain, Adraste le péripatéticien, recherche le principe de la consonnance dans un phénomène acoustique bien connu aujourd'hui, celui des sons produits par influence'. Sa définition nous est rapportée par Théon de Smyrne : « deux sons consonnent
« entre eux, lorsque l'un ayant été joué sur un instrument à
« cordes, l'autre résonne au même temps, en vertu d'une certaine
« affinité et sympathie naturelle2. »
Doctrine des Les néo-platoniciens du He siècle ne se contentent pas de la
néo-platoniciens.
simple division en symphonies et diaphonies. Théon de Smyrne subdivise les intervalles symphones en antiphonies (octaves) et para- phonies (quintes et quartes)3. La raison de cette distinction paraît être celle-ci : les antiphonies concordent d'une manière régulière et continue : le premier son est consonnant avec le huitième, le deuxième avec le neuvième, le troisième avec le dixième, et
HELMHOLTZ, Théorie physiologique de la Isuaique (trad. de Guéroult), p. 64 et suiv.
2 Page 8o (Bull.). — PORPH., p. a70.
3 Page 77 (Bull.). — Bryenne ne compte parmi les paraphones que la quinte et la douzième; pp. 3B2, 402. — Cf. PACHYMÈRE Extr. et Nol., p. 417)• — Bacchius donne une définition de la paraphonie qui est une simple répétition de celle de la symphonie, pp. 2, 15 (Meib.). — La distinction entre l'antiphonie et la symphonie existait déjà au temps d'Aristote. Probl., XIX, 7, 23, z6, 17, 19.
eton. 3e maj. Ton. Ton.
eso
tee
Ton, 3e min. 212 ton. 112 ton.
Ton. se min. Va ton. t/2, ton.
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