La voix
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De nombreux muscles gouvernent les cordes vocales (figure
3.9)
le muscle crico-thyroïdien ;
le muscle vocalis, soit le thyro-aryténoïdien ;
les muscles crico-arytenoïdiens ; ils sont au nombre de trois : le médial, le latéral et le postérieur ;
le muscle interaryténoïdien.
a) Vue antérieure
Figure 3.9 Muscles du larynx
b) Coupe transversale
épiglotte
os hyoïde
aryténoïde
os hyoïde
muscle crico-
aryténoïdien
médian
muscle
interaryténoïdien
muscle crico-
aryténoïdien
postérieur
cartilage cricoïde
Quel est ce corps qui chante ? 35
muscle
interaryténoidien
ligament vocal recou-
vert par le muscle
thyro-aryténoïdien
muscle crico-
a rytén oïd i en
latéral
muscle crico-
a rytenoïd ien
postérieur
a) Fermeture complète comme dans la déglutition et le coup de glotte
c) Ouverture maximale comme dans la respiration
Figure 3.10 Mouvement des aryténoïdes sous l'effet des divers muscles arytenoïdiens
36 Chanter de tout son corps
b) Passage d'air comme
dans la phonation
Tous les muscles sont à l'inté- rieur du larynx sauf un, le mus- cle crico-thyroïdien, qui lie les cartilages thyroïde et cricoïde sur leurs faces externes.
Par son action, le muscle crico- thyroïdien bascule le cartilage thyroïde sur le cricoïde, ce qui lui permet d'étirer et de rap- procher les cordes vocales. Sa fonction est primordiale à l'ob- tention des notes aiguà «s, dans les hauts registres et dans le mode falsetto (fausset) (voir chapitre 4).
Le muscle thyro-aryténoïdien contrôle la tension de la corde vocale et sa fréquence de vibra- tion, d'où son nom de vocalis, ou muscle vocal (figure 3.10).
Les muscles crico-aryténoïdiens médian, latéral et postérieur se conjuguent pour agir sur l'aryté- noïde, ce qui a pour effet de déplacer les cordes vocales vers le plan médian ou latéral. Autre- ment dit, c'est leur mouvement qui permet d'ouvrir ou de fer- mer la glotte. Par leur action, les cordes vocales sont rapprochées et peuvent se mettre en vibration avec le passage de l'air expiré.
Le muscle interaryténoïdien est le muscle responsable du rapprochement maximal des deux aryténoïdes. C'est lui qui assure la fermeture forcée du larynx lors de la déglutition ou à l'effort.
Les muscles laryngés sont as- sistés dans leurs fonctions par le mécanisme de suspension élastique du larynx. Ainsi, lorsque la contraction d'un mus- cle cesse, un ligament élastique permet le retour à la position neutre sans effort musculaire.
RÉSONATEURS
Maintenant que l'on comprend mieux ce corps qui chante, on peut situer très exactement les résonateurs. Au sens strict, on l'a vu au chapitre 2, les résona- teurs sont les diverses cavités de résonance qui sont situées le long du conduit vocal, du larynx jusqu'aux lèvres, et qui modulent les fréquences émises par les cordes vocales en les amplifiant, en les rédui- sant ou en les atténuant. En ce sens, on distingue les cavités de résonance glottiques et sus- ou
supra-glottiques. Comme la ter- minologie des résonateurs fluc- tue beaucoup selon les auteurs, nous avons dressé un tableau pour en faciliter la compréhen- sion (tableau 3.1).
RÉSONATEURS GLOTTIQUES
Les résonateurs glottiques sont situés au niveau des vraies et des fausses cordes, donc tout près de la source sonore. Le premier est constitué par l'espace entre les deux vraies cordes, que l'on appelle glotte. Cet espace n'est observable qu'en vue de dessus. Le deuxième est le creux situé entre le repli ary- épiglottique qui forme la fausse corde et la vraie corde vocale. Cette cavité ne s'observe qu'en coupe transversale.
RÉSONATEURS SUS-GLOTTIQUES
Les résonateurs sus-glottiques sont des régions du pharynx que l'on subdivise généialement en trois parties : le rhinopharynx, l'oropharynx et l'hypopharynx. Les fosses nasales agissent par- fois comme résonateurs.
Quel est ce corps qui chante ? 37
Tableau 3.1
Les résonateurs glottiques et sus-glottiques
Fosses nasales
Les fosses nasales contribuent
exceptionnellement à la résonance.
Rhinopharynx ou nasopharynx Partie supérieure de la gorge derrière le nez.
Oropharynx ou buccopharynx Partie médiane de la gorge derrière la cavité buccale. Elle comprend tout l'intérieur de la bouche jusqu'aux lèvres, y compris la base de la langue, les amygdales et le palais mou.
Hypopharynx ou laryngopharynx Partie basse du pharynx derrière le larynx, y compris
le vestibule du larynx.
Glotte Résonateurs sus-glottiques
Résonateurs glottiques
Ventricules de Morgagni
Espace entre les Espaces en creux entre
----deux paires de les vraies cordes et les
cordes vocales fausses cordes vocales
38 Chanter de tout son corps
SENSATION DE RÉSONANCE
Le son ne vibre pas seulement dans les molécules d'air et dans des cavités ouvertes sur l'extérieur, mais aussi dans les structures osseuses, tendineuses et membraneuses du corps. Comme ces sensations sont très utiles aux chanteurs pour percevoir leur travail vocal et en augmenter la maîtrise, on en est venu à parler de résonances aussi pour désigner les vibrations qui se situent
aussi bien dans la cage thoracique que dans les sinus ou le crâne. Ce ne sont pas des vibrations acoustiques qui se rendent aux auditeurs, mais des vibrations ressenties par le chanteur. Elles sont d'un grand intérêt pédagogique. On ne peut leur conférer le statut de résonateurs au sens strict, mais il est devenu courant dans l'enseignement du chant de les associer à la résonance et de préciser le trajet de ces résonances dans le corps du chanteur, selon que les sons sont aigus ou graves.
En registre de voix de tête, le chanteur ressent très bien le trajet de ses notes aiguà «s dans la boîte crânienne. De même, en registre de voix de poitrine, les ondes sonores se propagent dans les cavités situées sous la glotte (trachée, bronches) dont les longues formes tubulaires amplifient les longues fréquences, donc les sons graves. En voix amplifiée de type « belting », le son est centré ; il n'est pas rare que les chanteurs affirment ressentir les sons vibrer sur leurs dents (figure 3.11).
médium aigus
amplifiés
graves
Figure 3.11 Trajet de la résonance des sons chez le chanteur
Quel est ce corps qui chante ? 39
CHAPITRE 4
AI-JE ASSEZ DE
SOUFFLE ?
LA MÉCANIQUE DU SOUFFLE QUI PERMET LA CRÉATION DES SONS
parlés et chantés interpelle tout le corps. En effet, c'est l'ensemble du corps qui exerce la poussée d'air, et celle-ci serait tout simplement expulsée par la bouche si ce n'était de la vibration amorcée par le passage de l'air entre les cordes vocales. Les sons parlés ainsi engendrés sont ensuite articulés par la position de la langue, des joues et des lèvres pour former des mots. C'est ainsi que toutes les langues du monde requièrent un positionnement particulier de la musculature faciale.
Il en est de même pour la création des sons chantés. Toutefois, en plus des diverses positions de la langue, des joues et des lèvres, les configurations de tout le pharynx et de ses résonateurs prennent une importance majeure dans l'articulation des divers effets sonores. Le processus de production sonore se double donc d'une mécanique du souffle et d'une articulation des sons qui requièrent une très grande maîtrise. Or, contrôler son souffle et bien articuler les sons chantés ne sont possibles qu'avec un support musculaire très important conjugué à une capacité d'induire la détente musculaire dans toute la musculature fine de l'appareil vocal.
Il est désormais reconnu que le support du chanteur ne doit pas venir exclusivement de son diaphragme et de sa capacité pulmonaire, mais plutôt d'une conjugaison de tous les muscles du tronc, et même des jambes et des bras. Il est en outre indispensable d'y ajouter tout le support pelvien, trop souvent négligé dans la préparation du chanteur et même parfois inhibé par des consignes inadmissi-
bles comme celle de contracter les fesses. Rappelons-le, il s'agit de combiner un solide soutien musculaire à une détente qui, seule, peut susciter l'utilisation optimale de cette musculature en vertu de règles d'économie d'énergie. La seule partie du corps qui ne contribue pas de la même manière au support est le dos. Examinons donc toutes ces structures musculaires, en partant du haut vers le bas, pour mettre en valeur leur contribution au chant et offrir quelques pistes pour leur utilisation dans la préparation du chanteur.
MUSCLES THORACIQUES
Contrairement à ce que les gens pensent habituellement, ce ne sont pas les poumons qui aspirent l'air, mais plutôt un ensemble de muscles thoraciques qui se coordonnent pour augmenter le volume de la cage thoracique et abaisser le diaphragme (figure 4.1). Le diaphragme, tel un piston, crée alors un vide et abaisse la pression atmosphérique à l'intérieur des poumons. La pression de l'air pulmonaire se trouve alors plus basse que celle de l'air atmosphérique, et cette différence de pression
sterno-cledo-mastoïdien
(élève le sternum)
scalènes
(élèvent les côtes supérieures)
clavicule
sternum
côtes
intercostaux xiphoïde
diaphragme
Figure 4.1 Muscles thoraciques
42 Chanter de tout son corps
crée un appel d'air. C'est de cette manière que l'air se trouve automatiquement aspiré à l'in- térieur des poumons lors de l'inspiration. À l'expiration, ce sont les muscles costaux qui compriment la cage thoracique et forcent l'expulsion de l'air par les poumons.
Il devient donc indispensable au contrôle de la respiration de renforcer les muscles thoraci- ques et d'améliorer la motilité de toute la ceinture scapulaire antérieure (figure 4.2). Tous les muscles impliqués dans la respiration, qu'ils contribuent à élever le sternum et les cla- vicules ou à soulever ou corn-
primer les côtes, gagnent à être entraînés systématiquement par le biais d'une respiration active consciente, et à être réchauffés avant toute prestation chantée. Les muscles en jeu sont les intercostaux intérieurs et exté- rieurs, les scalènes, le grand dentelé, le sous-clavier et le sterno-cléklo-mastoïdien ; ifs sont recouverts par une couche musculaire superficielle formée par le petit et le grand pectoral.
MUSCLES ABDOMINAUX
Les muscles abdominaux sont les grands et petits obliques, les grands droits et les transverses
ils forment les parois anté- rieures et latérales de l'abdo- men et sont d'une importance majeure pour le soutien de la voix (figure 4.3). Ce n'est pas un hasard si le chanteur doit, dès le début de son apprentis- sage, les mettre en forme grâce à des exercices précis.
Toute la mécanique des voca- lises et des exercices vocaux repose sur la santé des mus- cles abdominaux. Comme dans un soufflet, si les parois sont molles et sans résistance, il n'y aura pas de pression suffisante pour propulser l'air dans le conduit vocal et il en résultera un manque de contrôle.
clavicule
sternum
xiphoïde
diaphragme
transverses
À
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