Lil Armstrong
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Comme la théorie. élémentaire, objet de ce chapitre, ne s'occupe que des relations mutuelles ou dynamiques des sons, et non de leur hauteur absolue, nous nous servirons momentanément de la clef de sol en notant cette échelle à l'octave supérieure :
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Les Européens modernes désignent les sons musicaux par les sept lettres grégoriennes dont nous venons de parler, ou par les
« lui-même; dans un sens plus restreint, il désigne le caractère graphique employé pour le « représenter, et enfin dans un sens tout à fait spécial, il indique la dynamis du son,
« C'est-à -dire le degré [relatif] d'acuité et de gravité qui le distingue de tout autre [son
« du même système]. ANON. II (§ 48, Bell.). — ANON. I (§ eT). — Cf. KART. CAP.,
« p, i82 : Sonos Phtliongos ted speciatim vel generaliter appdlamus, etc. — BACCH, pp. 16, 17, 23 toiyvos- C. V. JAN, Philologus , XXX, 412.
z II distingue dans le son : la couleur, le lieu (ou la hauteur) et le temps; p. 3. — Aristide Quintilien (p. Io) établit quatre distinctions inconnues aux autres écrivains. 2 Nicom., p. 37. — THNON DE SMYRNE, pp. 78, 82 (Bull.). — ANON. I (§ 21, Bell.). — ANON. II (§ 49). — BRYENNE,-p. 375. — MART. CAP., p. 182 (Meib.). — Cf. C. v. JAN, Philo!., XXX, 412. — MARQUARD, Aristox., 7. 224-229.
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syllabes de Guy d'Arezzo : ut (do), ré, mi, fa, sol, la, si, répétées d'octave en octave. Les anciens connaissaient, comme nous, la division par octaves, ainsi que le prouvent leur système de notation et les déclarations réitérées des écrivains'. Mais dans la partie élémentaire de l'harmonique, leur doctrine est moins simple.
Ils divisent l'échelle générale en tétracordesz, petites échelles de Tétracorde« quatre sons, dont les extrêmes forment un intervalle de quarte
juste, et où les tons et les demi-tons, du grave à l'aigu, se succèdent ainsi : demi-ton — ton — ton.
Demi-ton. Ton. Ton.
Ils connaissaient, comme nous, les autres combinaisons de la ,quarte où le demi-ton occupe une place différente (ré mi fa sol, ut ré mi fa); mais la forme caractérisée par le demi-ton au grave est la seule qui porte généralement chez eux le nom de tétracorde (-rerpixopaov)3.
L'échelle générale donnée plus haut contient quatre de ces tétracordes, disposés comme suit : le tétracorde hypatou ou des cordes graves (zi1rx.-rciiv)4; z° le tétracorde méson ou des moyennes (miccov); 3° le tétracorde diézeugménon ou des disjointes (84eveyv,évon,); 4° le tétracorde Ityperboléon, ou des cordes aiguà «s (iirepPù.a.lan.)5.
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Tétr. hi/piston. ' Vin méson. "tan diéseugmenon. Tétr. hyperboldon,
z i Les deux sons qui forment un intervalle d'octave ont la même dynantis. » Poxpn., p. 277. — Cf. ARIST. QUINT., p. 16-17. THÉON DE SI.IYRNE, p. 164 (Bull.).
a Le mot xopei (corde) chez les anciens est synonyme de sou, au point que Platon appelle la flà »te « un instrument polycorde. » PoLLux , IV, 9, 5. — Nous disons de même : les cordes graves, aiguà «s de la voix.
3 THÉON DE SMYRNE, p. 84-85 (Bull.). — Ps.-EuCL., p. 3. — N/COlf., pp. 14, 35. — BACCH., p. 7 (Meib.). — ARIST. QURIT., p. 19. — MART. CAP., pp. 187, 188 (Meib.). — BOUE, 1, 21.
« Les anciens l'appelaient aussi le premier (irp Zwor). a MUST. QUINT., p. IO.
s Vitruve (de A rch., V, 4) appelle les quatre tétracordes de l'échelle de 15 sons : grauissi?num, medianuna , disjunctuns acutissimum, — Albinus, traduisant littéralement la nomenclature grecque, les nomma tetratardunt printipalium , — inediarunt, — disjunctarum (ou divisaruni), men-enfilent. MART. CAP., p. 183-184 (Meib.). — BoEcs, Mus., I, z6. —
88 LIVRE IL CHAP. L
Coneaction et Ainsi qu'on le voit, les tétracordes se succèdent de deux
manières. Ou bien ils sont reliés par un son commun : la note supérieure du tétracorde grave est en même temps la note inférieure du tétracorde aigu. Dans ce cas il y a conjonction (aima«, synaphe). Les tétracordes hypaton et méson, les tétracordes diézeugménon et hyperboléon sont conjoints entre eux. Ou bien il y a un intervalle de ton entre deux tétracordes successifs, et ils sont disjoints. L'intervalle de ton qui les sépare s'appelle disjonction (SideCeveç)l. C'est ce qui se voit entre les tétracordes méson et diézeugménon. Le système parfait (Te.mov) — c'est le nom que les anciens donnent à l'échelle_de quinze sons — se compose donc de deux paires de tétracordes conjoints (hypaton et méson, diézeugménon et hyperboléon), séparées au milieu par une disjonction; au grave, un son (disjoint) complète la double octave. Chaque son porte une dénomination qui indique à la fois et sa place dans le tétracorde et le nom du tétracorde auquel il appartient.
Dénonlineaons Voici de nouveau l'échelle du système parfait, cette fois avec
den sous.
,la désignation complète de chacun de ses quinze sons' :
Tétr. hyftaton. Tétr, méson: Tétr. diérettett. Tétr. hyperb.
Pour s'orienter dans cette nomenclature en apparence assez compliquée, il ne sera pas, inutile de connaître la manière dont
Vincent a introduit en français les dénominations de fondamentales, moyennes, disjointes et adjointes; mais il m'a paru préférable d'employer, pour la théorie harmonique, les termes traditionnels, qui sont plus ou moins familiers à tout le monde.
z a On dira qu'il y a con/ce/Mon, lorsqu'un son commun sera placé entre deux tétraa cordes, semblables dans leur forme, qui se chantent musicalement de suite. Il y a o disjonction lorsque l'intervalle d'un ton est placé entre deux tétracordes, etc. Aarsrox., Stoickeits, p. 58 (Meib.). — Ps.-Evcr..., p. 57. —Bacon., p. g-ro (Meib.). — ARIST. QUINT., p. 16. — BOà ‹CE , Mus., I, 24, 25.
2 Nicola., p. 22. — PTOC., II, 5. — GAUD., p. g-ro. — Ces noms ne sont employés que dans la théorie. En solfiant, les Grecs se servaient comme nous de monosyllabes.
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elle s'est formée. Avant que les termes ltypate, mèse, etc. fussent employés pour désigner la dynamis des sons, c'est-à -dire la position fixe de ceux-ci dans l'échelle-type, ils ne s'appliquaient qu'aux sons des instruments à cordes. En effet, tous sont des adjectifs féminins, sous-entendant le mot xopej. Dans cette acception primitive, ils sont analogues à nos termes chanterelle, 4e corde, etc.; ce sont les noms des' huit cordes de la cithare antique.
En faisant abstraction des désignations qui se rapportent au tétracorde, on voit reparaître ici les termes que l'on a vus plus haut, mais cette fois ils doivent être entendus au sens propre :
Nète = la dernière (à l'aigu);
Paranète la voisine de la dernière ;
Trite = la troisième (à partir de la plus aiguà «`);
Paramèse = la voisine de la mèse ;
Mèse - la corde du milieux;
Lichanos - la corde touchée par l'indexa;
Parhypate = la voisine de l'hypate ; Hypate = la plus grave.
A cet octocorde primitif, on ajouta au grave les trois sons ré, ut, si, en répétant à la quarte inférieure les noms lichanos,
I Cette expression nous démontre que l'octocorde va de l'aigu au grave. C'est la direction que les anciens suivaient le plus volontiers eu pratique. Nous faisons de même pour les instruments à archet, puisque nous appelons première corde (chanterelle) la plus aiguà «, quatrième la plus grave. Les cordes de la guitare sont dénommées d'après le même système. En théorie, les Grecs procédaient ordinairement, comme nous, du grave à l'aigu. Nous nous servirons tantôt de l'une, tantôt de l'autre manière, selon l'occurrence.
2 A une époque très-reculée, la lyre n'avait que sept sons; la paranièse n'existait pas, la noèse était donc réellement au milieu de l'échelle. « Pourquoi appelons-nous nuise
« dite corde, puisqu'il n'y a pas de milieu dans le nombre huit ? Parce que les harmonies
« des anciens étaient seulement heptacordes, » ARIST0'1S, Probl., XIX, 44, 25.
3 X Lichanos, [corde] ainsi nommée, parce qu'on y met le doigt de la main gauche
« voisin du pouce. » Nteost., p. 22. — Cf. ARIST. QUINT., p. ro.
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go LIVRE II. — CHAP. I.
parhypate, hypate; dès lors les désignations doubles durent être différenciées par l'adjonction du nom des tétracordes a.
Sons anciens: MME. monaxos PARHYPATE HYPAITe
tnésen. méson. -méson.
Sons ajoutés : LICHAIIOS PARHYPATE
hypaton. hypaton.
A l'aigu on fit une opération analogue en sens inverse. Les termes trite, parante, pète, furent répétés à la quarte supérieure.
Sons ajoutés : TRITE PARANETE NETE
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