Rachelle Ferrell
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CHAPITRE 2
QU'EST-CE QUI
grand droit de l'abdomen grands obliques externes
Figure 4.2 Muscles pectoraux Figure 4.3 Muscles abdominaux
Ai-je assez de souffle ? 43
Même si un chanteur a une bonne capacité pulmonaire et un bon contrôle de la musculature du cou et de la partie supérieure du tronc, il se fatiguera dix fois plus vite qu'un chanteur qui a développé un soutien maximal de sa partie inférieure. Toute faiblesse des muscles abdominaux est forcément compensée par une tension énorme à d'autres niveaux.
Étant donné que les muscles qui compensent le manque de soutien ne sont pas conçus pour jouer ce rôle, ils se fatiguent rapidement. Bien des problèmes de chant découlent d'un mauvais soutien abdominal ; cela va du manque de puissance aux notes fausses.
DIAPHRAGME
Situé entre la cage thoracique et l'abdomen, le diaphragme est un muscle plat et mince qui se rattache aux côtes à l'avant ainsi qu'à la colonne vertébrale et aux côtes à l'arrière (figure 4.4). Il adopte la forme d'un parapluie qu'on aurait déployé et coupé en deux, bref d'une moitié de dôme. Lorsqu'il est à l'état de repos, c'est-à -dire lorsque les poumons sont complètement vides, il est long et plat comme n'importe quel muscle (revoir figure 3.1). Lorsqu'il se contracte, il devient court et un peu plus épais. Comme le diaphragme agit de façon automatique, on n'en a aucune sensation ; c'est pour-
quoi il est difficile de le situer dans son corps.
Au moment où il se contracte, le diaphragme pousse les viscères vers le bas. Les viscères se trouvent prises entre le diaphragme et le bassin, et le ventre se gonfle. On peut donc mesurer l'entrée d'air dans les poumons en observant le déplacement des viscères vers le bas. Généralement, l'être humain emmagasine environ un litre d'air à chaque respiration, ce qui entraîne une augmentation à peu près similaire du volume de l'abdomen. On peut
Figure 4.4 Diaphragme
Pour me réchauffer avant d'entrer en scène, je ne fais plus beaucoup de vocalises. Durant Starmania, comme je chantais tous les soirs, mon professeur de chant me recommandait de réserver ma voix pour le spectacle. Je me réchauffais tout de même un peu en me maquillant, mais pas vocalement. Je pratiquais plutôt des exercices pour le diaphragme afin de m'assurer une bonne solidité vocale : je m'allongeais, j'expirais complètement, puis je gardais mon inspiration. je terminais par des exercices pour les abdominaux. »
Luce Dufault
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ainsi constater les résultats de l'action, mais non l'action elle- même.
Étant donné que le diaphragme travaille en mode réflexe, un peu comme le coeur, il ne peut pas être stimulé de la même manière que les autres muscles du corps. Par contre, il est possible d'en commander indirectement le mouvement à travers des exercices de respiration.
Puisqu'on ne ressent pas le diaphragme comme on ressent les autres muscles, le chanteur ne devrait pas avoir l'impression, quand il respire, qu'il exécute quelque chose de spécifique. Il devrait plutôt avoir la sensation de se faire un massage à l'intérieur de lui-même, très bas dans la cage thoracique et très profondément au milieu de son corps.
Si la respiration est bien exécutée, elle lui procure généralement une détente au moment de l'inspiration ; c'est alors seulement que le chanteur peut prendre conscience de l'importance physiologique d'une bonne respiration.
RESPIRATION DU CHANTEUR
Il existe bien des manières de respirer selon les buts recherchés ; pensons à la respiration préparatoire à l'accouchement, par exemple. Mais le type de respiration qui prépare le mieux le chanteur accorde à l'inspiration et à l'expiration une égale importance. L'inspiration doit se faire comme le font les bébés, c'est-à -dire en gonflant le ventre tout en soulevant légèrement le diaphragme. L'expiration doit être retenue afin d'être aussi profonde qu'efficace dans la création harmonieuse des sons.
Respirer, c'est absorber de l'énergie, et chanter, c'est en dépenser. Le chanteur doit donc absolument prendre conscience que sa respiration doit se faire sans dépense d'énergie inutile. En ce sens, seule une détente profonde permet d'atteindre un maximum d'efficacité dans la respiration. De fait, la grande différence entre le chant et la parole, ce n'est pas nécessairement dans le souffle, mais dans la façon de contrôler l'expiration. Quand on parle, on a une
autonomie de 5 ou 6 secondes d'expiration alors que, pour une phrase chantée, cette autonomie s'étend jusqu'à 25 secondes. Le souffle n'est donc pas utilisé de la même façon. C'est pourquoi il faut développer et automatiser chez le chanteur une respiration profonde et détendue, comme dans le sommeil.
ÉMOTION ET VOIX
Il y a une autre raison importante pour que la respiration du chanteur soit la même que dans le sommeil ou chez les bébés. Il s'agit d'une respiration végétative où l'on n'est pas vraiment conscient de l'action et dont l'émotion est absente. Comme l'émotion se loge généralement au niveau du plexus solaire, elle bloque ou influence souvent le type et la rapidité de la respiration. Voilà pourquoi on respire bien en absence d'émotion.
On ne dira jamais assez l'importance de laisser passer l'émotion dans sa voix. Le secret ? C'est de faire porter l'émotion non pas par la respiration, mais par l'intention. C'est ce qui fait
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souvent la différence entre les chanteurs qui peuvent contrôler leur voix et ceux qui se laissent contrôler par leur voix.
CONTRà ”LE DU SOUFFLE
Il est essentiel de bien contrôler son souffle en tenant compte de la morphologie du corps, notamment du pharynx et de ses composantes. Ce qui est caractéristique de la parole au plan sonore, c'est qu'on entend toujours un léger débit d'air. De plus, les cordes vocales ne se touchent pas de la même façon qu'en chant, si bien que la portée du son n'est pas aussi grande dans la voix parlée que dans la voix chantée.
Lorsqu'on chante, les cordes vocales sont beaucoup plus fermées et une plus grande pression d'air s'exerce sur elles. Cela permet d'avoir un souffle plus long et de plus longue portée. Si on observe ce qui se passe quand on parle, un plus grand volume d'air est projeté au début, et on assiste ensuite à un affaissement continu de la cage thoracique vers l'inté-
rieur. Quand le poumon est vidé, le sternum est rentré vers l'intérieur et le diaphragme est remonté. Automatiquement, la respiration reprend, le sternum revient vers l'extérieur, et le cycle recommence.
Par contre, quand on chante, on empêche le sternum de s'affaisser et le diaphragme de remonter. On s'efforce de rester le plus longtemps possible dans la position de la fin de l'inspiration, puisque c'est dans cette position que les poumons contiennent le plus d'air.
De cette manière, le chanteur se crée volontairement une réserve de souffle qu'il apprend à maîtriser et à expulser selon les besoins. Tout l'art du chanteur consiste donc à savoir contrôler cette expiration pour bénéficier des réserves d'air nécessaires dans les temps forts de la chanson. Au fond, le chanteur apprend à tricher techniquement pour s'assurer d'avoir beaucoup de souffle.
ment haute. Le résultat tangible de cette action, conjuguée à la contraction du diaphragme qui a poussé les viscères vers le bas et les côtes flottantes vers l'extérieur, est un très grand volume d'air. En gardant conciemment cette position, le chanteur s'assure d'avoir de l'air plus longtemps.
C'est à ce moment qu'il y a une contraction musculaire à la hauteur du nombril. Cette contraction est nécessaire pour la sortie du son, mais il ne faut pas croire que c'est le diaphragme qui effectue cette expulsion en force. Ici encore, c'est l'ensemble de la musculature et la structure générale du tronc qui exerce l'ensemble du soutien et permet une expiration contrôlée, puissante et efficace. Chaque partie de la musculation joue donc un rôle déterminant dans la maîtrise du chant et chacune doit être renforcée de manière appropriée.
APNÉE DU CHANTEUR
À la fin de l'inspiration, la
position du sternum et de la L'apnée, c'est l'arrêt de le respi-
cage thoracique est relative- ration. On distingue deux types
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d'apnée : celle du plongeur et celle du dormeur. Dans la pre- mière, le plongeur gonfle ses poumons à leur capacité maxi- male pour disposer de la plus grande quantité d'oxygène pas- sible lors de son plongeon. Le fait de retenir sa respiration du- rant un certain temps le place en situation d'apnée. Chez le dormeur, la profonde respira- tion et la puissante expiration sont suivies d'un temps plus ou moins long où il n'y a plus d'air dans les poumons et où il n'y a plus de mouvement, ni inspira- tion ni expiration. Le dormeur est alors en apnée.
L'apnée du chanteur correspond à celle du dormeur, mais elle s'en démarque du fait qu'elle est consciente. Elle vise à ha- bituer les poumons à emmaga- siner de plus en plus d'air et à développer une meilleure ges- tion du souffle. La respiration du chanteur comprend donc trois phases : l'inspiration, l'ex- piration et l'apnée.
Notons au passage que ceux qui souffrent de problèmes res- piratoires peuvent bénéficier de ce type de respiration, car elle
leur procurera un bien-être cer- tain. 11 en est de même pour les gens stressés qui cherchent une façon de relaxer.
En résumé, cette technique de respiration constitue un excel- lent travail sur le souffle et la voix car, tout en augmentant le contrôle des muscles thoraci- ques et du diaphragme, elle est un outil d'initiation à la cons- cience. Ses effets sont d'im- portance ; aussi faut-il l'abor- der sous la supervision d'une personne compétente, qui en comprend les ramifications les plus infimes et sait user de psy- chologie.
MUSCLES DU DOS
Toutes les parties du chanteur, que ce soit l'avant, l'arrière ou les côtés doivent participer à l'action de chanter, puisque l'énergie se transmet partout dans le corps de manière cir- culaire et non pas verticale. Or, le dos est l'axe autour duquel tout est rattaché, et il est abso- lument primordial qu'il soit à la fois détendu et présent. Parmi les muscles du dos, on distingue
les muscles qui contribuent à la motilité de la colonne verté- brale, de la ceinture scapulaire postérieure, ainsi que des bras (figure 4.5).
POSTURE POUR LE CHANT
Le dos est très important dans l'action de chanter et sa posi- tion doit être correcte. Souvent, un des premiers éléments que l'on remarque chez un chan- teur, c'est sa position (revoir fi- gure 3.2).
Qui ne connaît pas un chan- teur au dos rond, sans tenue et sans posture stable. Une telle carence posturale nuit énor- mément à la production des sons chantés. Non seulement un dos rond dénote-t-il géné- ralement une mauvaise forme physique, mais cela a pour ef- fet de déplacer les épaules vers l'avant. La cage thoracique se trouve donc comprimée et en fermeture complète, ce qui est à l'opposé de ce que l'on attend d'un chanteur.
Le chanteur doit pouvoir s'ap- puyer solidement sur sa char-
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ilio-costal du thorax
grand dorsal
grands obliques de l'abdomen
carré des lombes
splénius de la tête
grand et petit complexus
clavicule omoplate
épineux du dos long dorsal
sterno-cléïdo-mastoïdien
trapèzes
deltoïde
petit rond grand rond
triceps
Figure 4.5 Muscles du dos
pente, et ce, sans effort. Il doit y avoir de l'action sans tension. En ce sens, chanter est à la parole ce que le marathon est à la marche. Pour atteindre les plus hauts niveaux d'interprétation, le chanteur doit pouvoir répéter des milliers de fois l'action de chanter, tout en poussant son corps à son maximum d'efficacité avec un minimum d'efforts. il lui faut donc absolument économiser son énergie en faisant en sorte de n'avoir aucune tension tout au long de
sa colonne. Seuls les exercices physiques exécutés en prenant conscience du dos peuvent remédier à un défaut de posture (voir chapitre 6). Une fois qu'il a été renforcé, le dos peut retrouver sa ligne verticale dans l'axe de la tête et du bas du dos et peut enfin jouer son rôle de soutien de la colonne vertébrale et de redressement du conduit vocal. Ce n'est qu'une fois le dos renforcé qu'il peut être véritablement détendu tout en restant vivant.
MUSCLES DU PÉRINÉE
Selon les auteurs, le périnée recouvre tout le plancher pelvien, c'est-à -dire la musculature superficielle et profonde entourant l'anus et l'urètre, ou se réduit à la musculature entourant les parties génitales. Nous retenons cette dernière définition. Quand on regarde le bassin osseux de dessous, on peut repérer quatre saillies osseuses qui forment le losange du plancher pelvien : le pu-
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Figure 4.6 Périnée féminin et périnée masculin
ischiocaverneux-- bulbocaverneux
centre tendineux
,_aponévrose périnéale_ transverses superficiels et profonds
— sphincter de releveurs de
raphé ou ligament-- anococcygien
cuisse
grands fessiers
coccyx
coccyx grands fessiers
bis, le coccyx et les deux os des fesses, qu'on nomme ischions. Le
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