Ella Fitzgerald
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périnée correspond au triangle antérieur entourant l'urètre (figure 4.6) chez les deux sexes.
Deux types de muscles composent le périnée : ceux qui peuvent se contracter et se décontracter, et ceux qui peuvent s'étirer de façon passive et élastique. Ils sont disposés en trois couches musculaires et vont du plus superficiel au plus profond. Le plancher musculaire pelvien correspond au plan plus superficiel et les sphincters reliés aux
orifices (anus, urètre, vagin) correspondent au plan plus profond.
Les muscles du plancher pelvien forment un réseau qui sous-tend de l'avant à l'arrière, du pubis au coccyx. Le bulbocaverneux s'étend du clitoris au centre tendineux, l'ischiocaverneux va du pubis à l'ischion, les transverses superficiels partent des ischions pour se rejoindre au centre tendineux. Les transverses profonds du périnée sont attachés aux deux branches ischio-pubiennes du bassin.
Les muscles profonds du périnée sont situés au niveau du petit bassin où ils forment une coupole — tout comme le diaphragme — qui soutient tous les organes pelviens. Ce diaphragme pelvien répond aux variations de pression de l'abdomen de manière passive et élastique. Il comprend le releveur de l'anus et l'ischiococcygien. Le releveur est un muscle puissant composé de deux groupes de faisceaux disposés autour des orifices ; il est très important pour le soutien. Un premier groupe de faisceaux
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étroits et épais part du pubis jusqu'au sommet de l'anus et assure un très important soutien viscéral ; le deuxième groupe se compose de larges faisceaux disposés latéralement qui par- tent du pubis et de l'ischion, entourent l'anus et se joignent au coccyx. L'ischio-coccygien est plat derrière le releveur et s'attache à l'épine sciatique, au sacrum et au coccyx (non visi- ble sur la figure).
FONCTION DE PROPULSION
Le fonctionnement de l'en- semble musculaire pelvien sert de propulseur et seconde le tra- vail du tronc qui, lui, poursuit le mouvement de propulsion. Ce sont toutes les parties du tronc qui doivent s'activer pour créer la synergie fonctionnelle per- mettant au chanteur d'être per- formant. Lorsque le chanteur recherche un complément de soutien, il doit trouver un point d'appui, et c'est à partir de son périnée qu'il doit le trouver. Le chanteur doit développer la sensation d'appuyer chacune des intentions vocales jusqu'au plancher pelvien, pour obtenir
l'impression que ses muscles pelviens génèrent la puissance, comme les manchons du souf- flet. La stabilité, la force et la justesse des effets vocaux tien- nent à cette importante capa- cité de soutien.
MUSCLES DU COU
Le cou se situe dans le prolon- gement supérieur du tronc, avec son cortège de muscles qui sup- portent le crâne, tout en se rat- tachant aux diverses structures osseuses du dos, du thorax et
Figure 4.7 Muscles du cou
des épaules (figure 4.7). Le cou doit absolument être renforcé, car c'est souvent à cause de faiblesses dans la musculature du cou que les chanteurs cher- chent à compenser et se défor- ment la voix ; il n'est pas rare que des chanteurs populaires chantent de la gorge plutôt que de se servir de la projection et de la puissance que permet la détente d'un cou fort.
Par contre, la force de la mus- culature ne résout pas tous les problèmes. En effet, le sque- lette soutient davantage la tête
génio-glosse —mylo-hyoïdien —génio-hyoïdien - stylo-hyoïdien thyro-hyoïdien
sterno-thyroïdien --thyroïde
scalènes
digastrique
sterno-cléïdo- mastoïdien
\
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que la musculature du cou ; même si cette musculature joue un rôle important, elle peut devenir contre-productive si elle est le siège de tensions ou si elle est contrainte dans une mauvaise posture. Même chez les chanteurs en pleine forme, les tensions se logent souvent au niveau du cou et, quand le cou est tendu, il y a toujours des répercussions sur la musculature fine du larynx. Ce n'est pas un hasard si la structure du larynx est suspendue dans le cou par des structures ligamentaires plutôt que d'être attachée directement sur le squelette (revoir figure 3.4) ; sa mécanique est si délicate que la moindre rigidité en empêcherait le fonctionnement.
POSITION DE LA TÊTE POUR LE CHANT
Pour bien chanter, il faut donc réunir deux conditions : que la tête soit bien placée par rapport au tronc et que le cou soit naturellement détendu. Pour avoir la position adéquate lorsque l'on chante, l'axe vertical des oreilres doit être en
ligne droite avec celui des épaules (figure 4.8).
Que penser des chanteurs dont les veines du cou font saillie quand ils chantent ? C'est un signe d'effort majeur. On observe la même chose chez les haltérophiles, et chacun sait la quantité incroyable d'efforts qu'ils doivent déployer pour arriver à lever des poids hors des normes humaines. Le chant n'exige pas de tels efforts quand le soutien vient du bon endroit au bon moment. C'est pour compenser certaines carences musculaires ou par ignorance que les chanteurs ont parfois tendance à soutenir leur son avec la mâchoire ou la langue, et c'est alors qu'on observe ce phénomène de gonflement du cou. On ne le répétera jamais assez : les seuls muscles faits pour soutenir sont les muscles thoraciques, pelviens, le diaphragme et les abdominaux, et non ceux de la gorge.
MUSCLES DE LA GORGE
La fonctionnalité des muscles de la gorge tient à ses étroites
interactions avec le système respiratoire et l'appareil de phonation. Le travail spécifique du chanteur consiste à apprendre à utiliser les muscles qui actionnent les cordes vocales, ouvrent et ferment la glotte (vocalis), basculent les os du larynx (crico-thyroidien, cricoaryténoïdien latéral, médian et postérieur, interaryténoïdien) et configurent les divers résonateurs glottiques et sus- glottiques.
OUVERTURE DE LA GORGE
Parmi toutes [es techniques destinées à produire des effets vocaux, mentionnons l'importance de la technique de la gorge ouverte (gola aperta), dont l'efficacité est reconnue pour produire un timbre vocal que les auditeurs entendent comme résonnant pleinement, d'une manière équilibrée et sans artifice. Pour exercer !es muscles de la gorge permettant cette ouverture recherchée, Richard Miller suggère de respirer en imaginant que l'on inhale profondément le parfum d'une rose. Il en résulte la posture
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Intensité vocale
Quand la tête est droite, le pharynx a sa pleine mobilité, le souffle circule
sans entrave, et tous les résonateurs peuvent servir à l'enrichissement des harmoniques.
Déperdition du son Perte des harmoniques
Quand la tête est levée, le souffle est dévié Quand le menton est avancé, la tension du larynx
vers les fosses nasales et la projection est nulle. restreint les capacités de résonance et brise le souffle.
Figure 4.8 Diverses positions de la tête et leurs effets sur la voix chantée
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bucco-pharyngée propre à la gorge ouverte. Cette technique contraste avec celle réalisée au moyen du bâillement. Le début du bâillement fait naître une ouverture semblable, mais il n'est pas utilisable au plan pédagogique, parce qu'une fois le bâillement amorcé, on ne peut en maîtriser le déroulement. Dans les grandes écoles de chant, on lui préfère désormais la simulation de la respiration d'une fleur, d'autant plus que
la sensation d'ouverture sans contrainte générée lors de l'inspiration persiste au cours de la phase suivante.
DÉTENTE DE LA GORGE
La plupart des dysfonctionnements vocaux proviennent d'une tension excessive et prolongée des muscles de ta gorge. Le chanteur peut parfaitement ressentir cette tension, ce serre-
ment dans les muscles entourant le cou et la gorge (figure 4.9). La tension peut aussi se manifester par une perte d'étendue vocale, par des variations dans la qualité vocale et par de la fatigue vocale. Alors que de reposer la voix peut apporter un soulagement temporaire, il n'est pas toujours possible pour le chanteur de simplement se concentrer sur les muscles de sa gorge pour les relâcher. Quelques fonctions réflexes peuvent être
buccinateur
- raphé ptérygo-mandibulaire
constricteur supérieur
membrane thyroïdienne constricteur moyen cartilage thyroïde
constricteur inférieur muscle crico-thyroïdien
a) Quand les muscles du pharynx sont contractés, ils forment une ligne droite.
hi Quand les muscles du pharynx sont détendus, ils forment une ligne courbe.
Figure 4.9 Muscles du pharynx contractés et détendus
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« J'ai dà » apprendre à travailler diverses parties de mon corps ; j'ai fait des exercices pour le dos, d'autres avec les côtes ; j'ai aussi fait des exercices de respiration, et même appris à me soulever avec les côtes dorsales. L'endurance que cela développe permet de ressentir les notes dans tous les mouvements du corps. »
Laurence Jalbert
utilisées pour relâcher la tension des muscles du pharynx et induire une utilisation passive de la voix. Ces réflexes sont le bâillement et le soupir, le mâchement et l'avalement.
Même s'il ne peut servir à la technique vocale à cause des inconvénients mentionnés, le bâillement peut aider à relaxer le pharynx et être utilisé comme tel. L'inspiration à la fois profonde et prolongée du bâillement ouvre et détend la mâchoire et la gorge au maximum. Le soupir qui suit, durant l'expiration prolongée, est sans effort et exige un rapprochement minimal des cordes vocales ; le chanteur ne devrait
donc pas s'empêcher de bailler, car le bâillement lui fournit une bonne partie de la nécessaire expansion des poumons et améliore son oxygénation.
Bon nombre des tensions de la gorge peuvent être mises au compte de mâchoires serrées. Relaxer la mâchoire, la langue et les lèvres par l'action de mâcher permet d'ouvrir les résonateurs de la partie supérieure de la gorge. Mâcher d'une façon exagérée en bougeant la langue et en ouvrant la bouche tout en émettant des sons pendant quelques minutes aidera à libérer les mouvements de la mâchoire et à détendre le pharynx. Mâcher de la gomme et même souffler des bulles pendant quelques minutes est une manière facile de défaire les tensions dans la mâchoire et la bouche, tout en stimulant la salivation et l'hydratation des cordes vocales. Mâcher plus longtemps n'est toutefois pas recommandé parce que s'installe une fatigue musculaire qui, à la longue, peut entraîner un dysfonctionnement des joints de la mâchoire. Une tension constante de la mâchoire ac-
compagnée du grincement des dents durant le sommeil sont des problèmes courants. Cela peut être causé par le mauvais alignement de la dentition et une asymétrie de la mâchoire. Une consultation du dentiste permet de vérifier et de corriger le problème, s'il y a lieu.
Quand on avale, la partie inférieure du pharynx est forcée de se détendre et le larynx doit se relever pour permettre le passage de la nourriture dans l'oesophage. Une bonne manière de profiter de ce mécanisme passif pour soulager la gorge est de boire des petites gorgées d'eau suivies d'un soupir après avoir avalé. Il faut commencer par de petites gorgées et les grossir progressivement.
En plus de ces petits exercices faciles, plusieurs autres approches s'offrent au chanteur pour relaxer ses muscles du cou et de la gorge. Il peut répéter de profondes et lentes respirations ou faire un court programme d'exercices pour le cou, les épaules et les bras (voir chapitre 6). Cette routine devrait toujours faire partie de la pré-
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lèvre supérieure
gencive
—palais dur
palais mou voile du palais luette
----- amygdales muscle médian de la langue
frein
gencive
lèvre inférieure
Figure 4.10 Muscles de la bouche. Les lignes pointillées montrent trois positions du voile du palais. En position basse, la luette n'est pas visible. En élévation moyenne, ce qui est le plus courant, la paroi laryngée et la luette sont visibles. En surélévation, le renforcement du voile améliore l'occlusion du naso-pharynx.
paration du chanteur tant pour le réchauffement que pour le repos, avant le spectacle et à l'entracte. Trop souvent, à l'entracte, ou entre les repré- sentations, le chanteur fait une utilisation intensive de sa voix il parle trop, avec l'entourage, avec les journalistes, etc. C'est une grave erreur. Dans ces mo- ments-là , le chanteur devrait toujours se réserver un temps personnel privilégié.
MUSCLES DE LA BOUCHE
La bouche est une mécanique très complexe où chaque élé- ment joue un rôle primordial dans le son qui est entendu. Elle remplit deux fonctions principales
elle sert d'abord de réso- nateur avec l'ensemble des cavités, des cartilages et des os qui la composent ;
elle sert aussi d'instrument d'articulation et de pronon- ciation.
Son rôle dans la création du son est tel qu'une simple lésion sur la langue, même légère, con-
tribue à produire un tout autre son. C'est le même phénomène chez l'enfant à qui il manque une ou deux dents : sa diction et les sons qu'il émet en sont modifiés radicalement.
C'est dire la toute première importance de la bouche en chant. La moindre anomalie
dans la conformation ou les habitudes d'utilisation de l'un ou l'autre des muscles de la bouche affectera totalement la voix chantée (figure 4.10).
D'instinct, pour parler plus haut ou plus fort, on ouvre la bouche plus grande. C'est un réflexe naturel. La prononciation des
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apophyse styloïde du temporal
palais dur palato-glosse génio-glosse hyo-glosse mandibule génio-hyoïdien
os hyoïde
oreille externe droite
apophyse mastoïde
muscle digastrique
stylo-hyoïdien
stylo-glosse
constricteur moyen
muscle stylo- pharyngien
constricteur inférieur
Figure 4.11 Muscles assurant la motilité de la langue
voyelles exige aussi d'ouvrir la bouche plus ou moins grande, selon le cas ; par exemple, pour le mot papa, la bouche s'ouvre complètement. Il en est de même pour le chant. Les règles de base pour le chant ne sont donc pas différentes des règles naturelles d'émission des sons.
C'est pourquoi le chant peut et doit se rapprocher le plus possible de la voix naturelle du chanteur. Un rendu complètement artificiel dénote un travail technique trop éloigné des fonctions normales des composantes anatomiques du corps humain.
MUSCLES DE LA LANGUE
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