Une trés belle chanteuse
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Il est membre de l'Institut depuis 1881.
Paladilhe (Émile) (1844), né aux environs de Montpellier.
Grand prix de Rome à seize ans, en 1860, fait sans exemple, après avoir eu pour professeur, d'abord son pète et dom Sébastien Boixet, organiste de la cathédrale de Montpellier, puis Mar. montai, Benoist et Halévy, au Conservatoire de Paris.
Son bagage musical se compose principalement de : 1 Messe, avec orchestre; deux Symphonies; le Passant, 1 acte (1872); l'Amour africain, 2 actes (1875); Suzanne, 3 actes (1879); Diana, 3 actes (1885); Patrie, 5 actes (1886); te. ca.ntes Maries de la mer, légende sacrée en 4 parties ; et (^^•0 centaine de mélodies.
11-convient d'y ajouter Vanina, 4 actes .covre entièrement terminée, mais encore inédite.
Membre de l'Institut en 1892.
Dubois (Théodore) (1837), né è Rosnay (Marne).
Après avoir fait toutes ses études au Conservatoire, sous la direction de Marmontel, Bazin, Benoist et Ambr. Thomas, il obtint en 1861 le grand prix de Rome.
En 1871, il est nommé professeur d'harmonie au Conservatoire, et en 1891, professeur de fugue et composition. Il cumule ces importantes fonctions avec celles d'organiste de la Madeleine, où il e succédé à C. Saint-Sains, après y avoir été plusieurs années uiaitre de chapelle.
Ses oeuvres les•plus importantes sont:
Les Sept Paroles du Christ (1867); Messe des Morts (1874); la. Guzla de l'émir (1873); le Pain bis (1879); la Farandole (1883); Aben-Hamet (1884); Suite villageoise pour orchestre (1877); Ouverture symphonique (1878); ouverture de Frilhio f (1879); le Paradis perdu (1878); l'Enlèvement de Proserpine (1879); 3 Petite, Pièces d'orchestre (1883); Fantaisie triomphale pour orgue et orchestre (1889); Bytes, scène lyrique (1890); Concerto pour piano (1876); 2 recueils de Pièces d'orgue (1886-1890); 2 recueils de 20 Mélodies chacun (1883-1886); Poèmes sylvestres pour piano (1893); Ploies et Études d'harmonie (1889); 87 Leçons d'harmonie (1891), plus deux opéras inédits, Circé et Xaviere.
Membre de l'Institut en 1894.
Enfin; je crois devoir faire figurer ici, quoiqu'il, ne porte pas l'habit à palmes vertes, mais parce qu'il partage avec deux membres de l'Illuntre Société ( Massenet et
666 LES GRANDES ETAPES DB L'ART MUSICAL
Th. Dubois) l'honneur et la lourde responsabilité de l'enaeignement de la composition au Conservatoire :
Lonepveu (Charles) (1840), né à Rouen.
Élève de Savard pour le solfège et l'harmonie, d'Ambr. Thomas et de Chauvet pour la fugue, le contrepoint et la composition ; • 1“ prix de Rome en 1865.
Professeur d'harmonie au Co eeeee atoire en 1881, et professeur de composition en 1898.
Å’uvree principales : le florentin, op.-c., 9 actes, écrit un 1868, représenté à Paris en 1874 ; l'elleda, opéra, 4 actes (Londres, Covent-Garden, 1882, avec Adelina Patti pour principale interprète); Jeanne d'Arc, drame lyrique (Rouen, 1886); Iphigénie, grande scène lyrique; Médilalion, soli, choeurs, orchestre (Société des concerts, 1886); Hymne funèbre el triomphal (Rouen, 1889); Ode triomphale à Jeanne d'Arc (Rouen, 1892); Messe de Requiem, un beau Laudale et un grand nombre de Mélodies ou de Scènes lyriques, dont quelques-unes ont une juste notoriété.
Telles sont les personnalités les plus en vue de l'école française actuelle, en la vitalité de laquelle on peut avoir la plus légitime confiance
K. — L'école russe.
Si nous avons cru pouvoir, en raison de leurs affinités et par esprit de simplification, confondre l'école belge avec l'école française; si nous avons laissé dans l'ombre l'école espagnole, qui à vrai dire n'existe pas, et négligé quelques compositeurs anglais peu connus en France, à considérer plut8t comme des faits isolés ', il est nécessaire de procéder différemment en ce qui concerne l'école russe, car elle présente une caractéristique distincte résultant de son origine même, et ne saurait être confondue avec aucune autre.
Cette école est toute jeune; elle n'a pas cent ans d'exis-
1. aalfe (1808), Macfarren (1818), Wallace (1814), et plue réceensent Macbenaia
L'ÉCOLE RUSSE 667
terme; et dès sa naissance, pour ainsi dire, elle s'est trouvée en possession de la puissante technique créée, au moyen d'efforts séculaires, par les trois grandes écoles européennes, avec leurs immenses ressources toutes modernes et leur puissante orchestration. Elle n'a donc pas eu à procéder par tâtonnements comme ses sÅ“urs aînées, et a du premier jour conquis-son outillage complet.
De plus, ses maîtres ne sont pas, en général du moins, comme nous l'avons vu en France, en Allemagne ou en Italie, de véritables professionnels; ce sont plutôt des érudits, des savants, des hommes du monde qui font dè l'art d'abord en amateurs, puis se laissent entraîner dans le tourbillon artistique; ce qui chez nous est l'exception (rare, mais souvent heureuse).
On conçoit que des hommes appartenant à un niveau intellectuel élevé, instruits de tout ce qui s'est fait ailleurs en musi,;... , possédant d'autre part une littérature, une religion et des mÅ“urs très différentes de celles de l'Europe Autrale, ont dà » créer un art national tout autre et plus précoce que ceux dont nous avons étudié la genèse et le pénible développement.
Le chant populaire a toujours existé en Russie, par ce seul fait que nous avons établi au début, que le chant est aussi naturel à l'homme que la parole; là , comme partout ailleurs, il a acquis, par la force des choses et en dehors de toute intervention artistique voùlue, un caractère particalier. De là les mélodies ou mélopées slaves, sans au- - tent, vrais chants du peuple, et de là aussi le côté typique, parfois rude et parfois langoureux, de la musique russe; qui en fait le ci principai, ÃŽtl vé•iiiiMe originalité pittoresque; Quant aux procédés d'exécution, d'écriture, ils ne peuvent étr, différents de ceux que nous avons déjà étu<1.iés; sans quoi, l'éçole russe serait en retard, ce qui n'est pas. Ele a pris rang dès à présent parmi les écoles distinctes, et, quoique manquant .de racines, elle paraît
663 LES GRANDES BTAPBS DE L'ART 1113SICAL• des plus viables. Il est facile de s'en rendre compte par la valeur de ses représentants, dont nous allons faire con nal-
tre quelques-uns des plus importants, par rang de date , Bien entendu, il n'y a pas à chercher de classiques russes; nous tombons de suite en plein romantisme; et jusqu'à la venue de Gtinii a, le vrai père de cette jeune
école, la Russie était trii:otaire, musicalement parlant, de l'Italie et de la France.
Glinka (Michel) (1804 1-1857), né à Nowyspask (gouvernement dé Smolensk).
Après avoir reçu au pensionnat de la noblesse une forte instruction littéraire et scientifique, il travailla le piano avec Field et Ch. Mayer, il apprit l'harmonie en Allemagne (avec Dehn, qui eut aussi p.:or élèves les deux Rubinstein et joua ainsi un rôle important dans le développement de l'art musical slave) et étudia le chant avec un maitre italien, le violon aussi.
Dans les deux sens du mot, c'est le premier des • musiciens russes. Son chef-d'oeuvre le plus connu est la Vie pour le Tsar (1836), mais le plus complet épanouissement de son talent se montre dans Romana et Loudmilla. On connaît aussi de lui une Jota A ragonesa et Une Nuit à Madrid, souvenir d'un voyage en Espagne, et construits sur des motifs espagnols; KamarinsEnta, sur des airs populaires russes, etc.
Ses oeuvres sont riches d'harmonie, habilement orchestrées pour l'époque, et l'emploi fréquent et systématique des motif. populaires accentue heureusement la couleur locale et le caractère essentiellement national.
En dehors de la musique, il cultivait avec grand intérêt l'histoire naturelle et la géographie.
Dargomijski (1813 t Ise), né dans un village du gouverne. ment de Toula.
-Å’uvres principales : la Roussallra, Esmeralda, le Triomphe de Sacchus.(opéra-ballet), morceaux de piano, danses, mélodies, etc.; le Convive de pierre, opéra posthume, dont l'orchestration fut achevée par Rimsky-Korsakoff.
Il est considéré, en Russie, comme un chef d'école.
En France, il est quasiment inconnu, et j'ai le regret de n'en pouvoir parler que par oui-diré. Sa famille était riche, et il avait reçu une instruction générale et une éducation des plus soignées.
Rubinstein (Antoine) (1829 f 1894), né à Wechwotynez (Moldavie). Parai ses oeuvres théâtrales, je puis citer : Dimiiri-Donskol
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(1852): Tom le Fou; la Vengeance; les Sept Chasseur. aiberiens; les Enfants des Landes ; Peramors; le Démon ; les Macchabée. ; Néron; le-Marchand Kalachnikolf; la Vigne, ballet en 3 actes; le Perroquet ; Entre voleurs ; la Sulamite, opéra biblique; Moite, opéra religieux (1894).
Deux oratorios, la Tour de Babel et le Paradis perdu; la grande symphonie l'Océan et six autres Symphonie., qui le placent au premier rang des symphonistes..
De grandes et belles ouvres de musique de chambre, des tuélodieS vocales, des concertos.
Ses professeurs furent Villoing, à Moscou, pour le piano, et Dain, à Berlin, pour la composition. Les conseils de Liszt ne furent pas étrangers à son développement.
Le plus inspiré, comme le plus merveilleux et le plus profond des pianistes modernes, Rubinstein, se rattache, au moins par la nature de sa virtuosité, à la grande école allemande, et évoque le souvenir de Beethoven, avec lequel il n'était pas sans une certaine ressemblance physique. C'est un artiste colossal, un génie de la plus haute envergure, mais peut-être plus Russe de naissance que par ses tendances artistiques.
Depuis 1862. il dirigeait le Conservatoire de Saint-Pétersbourg, qu'il avait fondé-
il a eu un jeune frère
anbilletellt (Nicolas) (1835 f 1881), né à Moscou.
Reçut à peu de chose près la même éducation musicale que son alné, avec les mêmes maîtres, et paraissait dans sa jeunesse avoir plus de facilité que lui (selon Antoine lui-même) ; toutefois sa trop courte carrière brille d'en moins vif éclat.
Tout en pratiquant honorablement la composition, il se livra fort jeune à l'enseignement, qui finit par l'absorber entièrement, malgré ses grands succès de virtuose dans son pays; à l'inverse de son frère, il voyageait peu en dehors de la Russie; pourtant Paris l'a connu comme chef d'orchestre, comme pianiste et comme compositeur en 1878, oà il vint diriger les concerts russes à l'Exposition.
En 1859, il e fondà les concerts symphoniques de Moscou, et en 1864,1e Conservatoire.
Borodine (1834 f 1887), né à Saint-Pétersbourg.
A laissé deux ou trois symphonies pleines d'intérêt, d'ingéniosité et d'élégance, richement orchestrées, plus un opéra, le Prince Igor. ouvre posthume, achevée par Rimsky-Korsakoff es Glaxounott.
170 LES GRANDES &TAPES DE L'ART MUSICAL
Cui (César) (1835), né à Vilna.
Plusieurs opéras : le Prisonnier du Caucase, William Ratclig, Angelo, le Flibustier; beaucoup de musique de piano, des mélodies, le tout d'un style très original et bien personnel, énergique et fort distingué.
Avec. Rubinstein et Tchaikowsky, c'est l'un des trois musiciens russes les mieux connus en France.
Particularité à signaler : ses mélodies sont de véritables modèles de prosodie française.
Il a rang de général, et professe l'art de la fortification à l'Ecole militaire d'artillerie et de génie de Saint-Pétersbourg.
Balakireff (Mily Alexélivitch) (1836), né à Nidjni-Novgorod.
Continuateur direct de Glinka, avec le même parti pris de l'emploi des chants populaires nationaux.
Å’uvres principales : Ouverture sur des thèmes russes; Mille ans, sorte de cantate ou ode-symphonie écrite et exécutée en 1862, à l'occasion du millième anniversaire de la fondation de l'empire russe ; Ouverture et entr'actes pour le Roi Lear; Islamey, fantaisie orientale pour piano, etc.
Plus encore peut-être que Glinka, il est l'apôtre de la musique patriotique russe, mais il est venu après lui, n'a été que son disciple, et Glinka reste le chef de file incontesté de l'école russe.
Il n'a pas écrit pour le théêtre.
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