HECTOR BERLIOZ
Retour à l'index le-chant.euHECTOR BERLIOZ
usiciens
et
•
41;
Droits de reproduction et de traduit n réservés pour tous les pays
y compris la Suède, la Norvège et la Hollande.
Paris. -- Imp. Vvu ALHOUY, 75, avenue d'Italie. — 2122.3.03.
HECTOR BERLIOZ
L MUSICIENS
r ET
/ 3
.
MUSIQUE
INTRODUCTION
PAR
ANDRÉ HALL
r)épôt r_iéga.
PARIS
CALMANN-LÉVY, ÉDITEURS
3, RUE AUBER, 3
Berlioz était revenu de Rome depuis deux ans.
Il était déjà presque célèbre : il avait fait
exécuter l'ouverture du Roi Lear, l'ouverture des
Francs Juges, la Symphonie fantastique et la Sym-
phonie d'Rarold. Mais il était pauvre. Son mariage
avec Henriette Smithson avait encore augmenté
sa gêne. Les articles qu'il donnait à quelques
revues (Europe littéraire, Revue européenne, Monde
dramatique, Correspondant, Gazette musicale), lui
étaient médiocrement payés. Il ne savait plus « à
quel saint se vouer »; c'est lui-même qui nous l'a
conté.
Un jour de détresse, il rédigea une courte nou-
velle intitulée Rubini et Calais et la fit paraître
A
BERLIOZ
•
1TIQUE
MUSICAL
Il HECTOR BERLIOZ CRITIQUE MUSICAL
dans la Gazette n? asicale. Le 10 octobre 183i, ce
petit récit fut reproduit dans le Journal des Débats,
précédé d'une note où l'on vantait la « verve » et
« esprit » du conteur.
Berlioz se rendit rue des Prêtres-Saint-Germain-
l'Auxerrois afin de remercier Bertin l'aillé. Ce
dernier lui proposa, séance tenante, d'écrire dans
les Débats des chroniques sur la musique. Castil-
Blaze venait de quitter le journal. Delécluse y
conservait la critique des représentations du
Théâtre Italien ; il ne l'abandonna jamais à Berlioz
qui, vraisemblablement, jamais ne la réclama.
Jules Janin continuait de s'occuper de l'Opéra
et de l'Opéra-Comique. Le domaine du nouveau
feuilletoniste était donc assez étroit. On lui lais-
sait les concerts et les « variétés musicales ». Deux
ans après, Jules Janin consentit à ne plus juger la
musique dramatique, mais il garda sur le ballet
« le droit du seigneur ».
Ainsi commença la collaboration de Berlioz au
Journal des Débats. Elle dura jusqu'en 1863. Pen-
dant vingt-huit années, ce feuilleton fut pour le
musicien un gagne-pain, une torture et une
arme.
Berlioz a maintes fois décrit abominable sup-
plice que lui infligeait son mét' ale critique. On
se rappelle ce tableau presque tique l'infor-
HECTOR BERLIOZ CRITIQUE MUSICAL III
Luné musicien arpente sa chambre à grands pas,
le cerveau vide ; il s'arrête à sa fenêtre et se perd
en rêveries devant le soleil couchant, puis revient
à sa table et, à la vue de la page blanche, éclate
de colère ; d'un coup de poing, il défonce sa gui-
tare ; il considère longuement ses deux pistolets
chargés, pleure comme un écolier qui ne vient
pas à bout de son thème... jusqu'à ce que son
petit garçon ouvre la porte en disant : « Père,
veux-tu être z'amis ». Et, l'enfant sur ses genoux,
Berlioz s'endort '...
L'enfant est devenu un homme; le père continue
sa tiiche détestée, et c'est à son fils qu'il écrit, le
14 février 1861 : r .it). suis si malade que la
plume à tout instant me tombe de la main,
et il faut pourtant m'obstiner à écrire pour
Retour à l'index le-chant.eu