Chant, voix et autres instruments de l'orchestre

Retour à l'index le-chant.eu


Plusieurs tuyaux sont associés pour une même note, donnant la note frappée accompagnée de ses harmoniques, ce qui donne une sonorité plus riche ;
— plein-jeu (3 à 5 rangs de tuyaux par note, ajoutés à des fonds pour donner une sonorité riche, puissante, éclatante) ;
— cymbale : petit plein-jeu ;
— cornet : jeu soliste de 5 à 10 rangs de tuyaux par note, à la sonorité douce et fruitée.
3. Les jeux d'anches, où une languette de métal vient vibrer contre un bec à l'intérieur du pied du tuyau. Jeux corsés, hauts en couleur, s'employant en solo ou comme base d'un grand tutti :
— trompette ;
— cromorne
— musette.
L'art de l'organiste consiste d'abord à doser dans la registration l'alliance ou l'opposition des jeux en fonction de l'oeuvre à interpréter.
Étapes de l'histoire de l'orgue
La flà »te de Pan (syrinx) des Grecs ou d'Amérique du Sud indique que l'on a pensé de toute antiquité à l'alignement des tuyaux permettant d'émettre successivement différents sons. Mais l'orgue à bouche des montagnes du Cambodge et du Laos (calebasse munie de plusieurs tuyaux) les fait fonctionner simultanément. Par l'intermédiaire de la Chine, est-il à l'origine de l'orgue occidental ? L'orgue est le plus ancien instrument mentionné dans la Bible. Le premier instrument connu vient d'Égypte et date du 3e siècle av. J.C. Sa soufflerie était hydraulique. Byzance et l'Orient méditerranéen pratiquèrent longtemps seuls l'orgue, inconnu en Occident. Un instrument fut offert à Pépin le Bref par l'empereur Constantin V au 8e siècle ; Charlemagne en fit construire un, qui pourrait être le premier orgue occidental.
Au Moyen Age, on utilise de petits orgues positifs ou portatifs. L'évolution se fait dans le sens de l'enrichissement de la sonorité, en faisant chanter plusieurs rangs de tuyaux simultanément pour chaque note : apparition du plein-jeu. Avec l'ampleur des cathédrales, élargissement de l'instrument : 32 pieds dès le 14e siècle...
A la Renaissance, évolution inverse : recherche du jeu de détail ; invention du sommier à registres permettant d'isoler tel ou tel jeu ; invention des jeux bouchés, développement des anches.
17e siècle : premier grand siècle de l'orgue, qui parvient à son équilibre. Perfectionnement des pleins jeux, affinement des mixtures solistes (cornet). Différentes tendances se font jour : en France, un orgue riche en couleurs, opposant des jeux solistes très fins à de grands pleins jeux brillants (apogée vers 1670-1700) ; en Allemagne, un instrument moins coloré, plus homogène, plus apte à la polyphonie et développant le pédalier ; l'Italie reste plus timide, avec l'orgue « ripieno », à un ou deux claviers sans pédalier indépendant ; l'Espagne aime les anches éclatantes, et l'Angleterre suit la France.
Le 18e siècle perfectionne l'orgue classique sans innover. Au 19e siècle, l'avènement du romantisme opère une transformation
34 Lexique musical raisonné
profonde. Aux registres clairs et bien timbrés, on préfère une conception « orchestrale » et plus fondue, et, dans certains cas, le « colossal ». C'est l'époque du grand facteur Cavaillé-Coll (Notre- Dame de Paris, Saint-Sulpice, Sheffield, Amsterdam), mais aussi, ce qui est moins heureux, de la remise « au goà »t du jour » d'orgues classiques qui sont parfois défigurés.
Le 20e siècle voit de nombreux perfectionnements techniques (transmission électro-pneumatique) une tendance néo-classique très nette et la remise en état des orgues anciens sans transformation.
En conclusion, il faut toujours avoir à l'esprit que chaque orgue est une conception particulière, artisanale, et qu'il n'est pas deux instruments exactement semblables, même s'ils ont été conçus par le même facteur : ils sont fonction de l'ampleur de l'édifice, de certaines techniques particulières, du nombre de jeux, de leur équilibre. Ainsi un organiste doit sans cesse s'adapter à l'instrument qu'il « touche », même pour l'exécution de la même oeuvre.
LES INSTRUMENTS À CORDES PINCÉES
Le commun dénominateur de tous les instruments à cordes pincées semble bien être l'arc. Pourtant c'est en Afrique que l'on peut suivre le plus clairement le cheminement qui le mène à la harpe d'une part et à la guitare d'autre part.
On trouve l'arc musical en Afrique noire : la bouche du musicien ou une calebasse sert de résonateur. Plusieurs arcs fixés à la même calebasse donnent l'embryon d'une harpe, mais aussi la corde tendue sur la calebasse constitue une guitare élémentaire (monocorde).
Harpe
Luth
Les instruments, l'orchestre, les voix 35
monde scandinave, celte et germain ; les pays celtes (Irlande, Pays de Galles) ne cesseront de la pratiquer.
Elle reste un instrument secondaire jusqu'au 18e siècle, limitée au diatonisme, malgré quelques tentatives d'amélioration. La harpe chromatique à pédale, qui permet d'exécuter les dièses et les bémols, apparaît à la fin du 17e siècle mais ne se répand qu'au milieu du 18e. C'est en France qu'elle devient à la mode (Marie- Antoinette en joue et Madame de Genlis la pratique en virtuose). C'est aussi en France que Sébastien Érard lui apporte vers 1800 son perfectionnement définitif, toujours en usage aujourd'hui.
Le système en est (théoriquement parlant...) simple : sept pédales permettent de hausser ou de baisser d'un demi-ton chacune des sept notes de la gamme, à toutes les octaves à la fois (tous les do, tous les ré, etc.). Avec ses quarante-six cordes, elle embrasse l'étendue de 6 octaves 1/2 (presque autant que le piano).
La sonorité de la harpe est chaude, moelleuse, chatoyante ; les arpèges (qui lui doivent leur nom) lui conviennent particulièrement bien, ainsi que toutes les formes de glissando, ce qui contribue à son charme et à sa douceur. C'est un instrument, dit-on, féminin... bien que « le Harpiste » soit un personnage célèbre du Wilhelm Meister de Goethe.
Lyre
Instrument à cordes pincées, connu dès la plus haute antiquité en Mésopotamie, en Égypte, en Israà «l, et surtout en Grèce où il a pris son nom. La lyre était formée d'une carapace de tortue, constituant la caisse de résonance, d'où partaient deux cornes de chèvre réunies par une traverse. Elle était montée de sept, puis de douze cordes. La mythologie en attribue l'invention à Apollon (comme l'origine de la flà »te au satyre Marsyas) ; Apollon aurait transmis la lyre à Orphée, qui en aurait appris l'usage aux hommes.
Elle est attestée dans tout l'Orient ancien, en Égypte comme à Sumer dès le troisième millénaire av. J.C. Elle est encore en forme d'arc, avec trois à sept cordes ; c'est, en Égypte, l'instrument des femmes ou des aveugles. Au Nouvel Empire, elles ont déjà quatre cordes et deux mètres de hauteur. La harpe du roi David dérive sans doute de la harpe égyptienne. Bientôt, à la forme d'arc, se substitue la forme triangulaire (Phénicie) qui lui restera. Mais le monde islamique l'abandonnera. L'Extrême-Orient l'ignore. L'Occident ancien lui préfère la lyre. Dès le haut Moyen Age elle réapparaît dans le
Luth et guitare se rattachent à une même origine, d'ailleurs obscure. Des instruments du même type se retrouvent sur tous les continents, particulièrement développés en Asie (Chine, Inde). En Égypte, on les trouve sur les bas-reliefs du Moyen Empire. Le luth (à fond bombé) et la guitare (à fond plat) apparaissent simultanément au Moyen Age ; seul le luth signe clairement son origine mauresque (el'ud, d'où luth); mais le développement espagnol de la guitare et son nom médiéval (guitara moresca) semblent indiquer la
36 Lexique musical raisonné
même filiation, malgré le rapprochement avec le mot grec cithare.
Le luth, dont la caisse a la forme d'une poire coupée en deux, est doté de doubles cordes (appelées choeurs), cinq, puis six, puis dix et jusqu'à quatorze. Ce fut l'instrument favori de la Renaissance et du 17e siècle, et son influence sur le développement de la musique a été considérable (prise de conscience harmonique ; développement du chant soliste accompagné ; naissance de la suite instrumentale). Écrit en notation spéciale ou tablature, il disparaît peu à peu à la fin du 17e siècle et surtout au début du 18e siècle, remplacé par le clavecin.
Sa sonorité est douce, moelleuse, rêveuse. C'est l'instrument par excellence de la musique intime.
Théorbe ou Archiluth
C'est un luth de dimensions un peu plus grandes, dont le manche allongé porte une double série de cordes : celles d'un luth, plus une série de cordes plus longues permettant d'émettre des notes graves. Ce développement était rendu nécessaire par le développement au 17e siècle de la basse continue.
Les instruments, l'orchestre, les voix 37
guitare reste plus modeste. Elle est cependant pratiquée par des maîtres de cette époque, et populaire dans toutes les classes de la société (« sitost levé ma guitare je touche », Ronsard).
Elle se différencie du luth par son fond plat et la plus grande largeur de sa caisse, par ses six cordes simples. Elle a une sonorité plus brillante que lui, une grande diversité de timbres et d'expression, plus de vélocité.
Instrument populaire en Espagne, c'est de là qu'elle s'est répandue en France (à la Renaissance), puis en Europe. Mais l'Espagne lui a donné l'essentiel de son répertoire. Paganini en jouait aussi bien que du violon.
Vihuela
Instrument intermédiaire entre luth et guitare, avec six rangs de cordes doubles ; c'est elle qui fut la plus populaire en Espagne durant le 16e siècle ; elle laisse ensuite place à la guitare.
LES INSTRUMENTS À CORDES FROTTÉES

Retour à l'index le-chant.eu