Le chant, un mechanisme extraordinaire

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dans la musique d'aujourd'hui
Le « bel canto » a aujourd'hui nettement perdu de sa suprématie ; les ressources de techniques vocales, jusqu'à maintenant tenues à l'écart de la musique savante, s'étant progressivement introduites dans l'art vocal de notre siècle. C'est ainsi que le « Sprechsgesang », qui transgresse les limites entre le parler et le chanter, devient un des modes d'expression vocale privilégiés de Schoenberg à travers une oeuvre comme le Pierrot lunaire.
La découverte des musiques extra-européennes, l'étude des traditions populaires contribuent à enrichir les modes d'expression vocale dont l'étendue s'affranchit peu à peu de toute censure ; cette volonté de tirer parti des capacités les plus larges de la voix se retrouve simultanément dans les recherches théâtrales d'un Antonin Artaud qui ont incontestablement stimulé plus d'un musicien d'aujourd'hui. Les oeuvres de Kagel, Schnebel, Berio, Ligeti... témoignent toutes d'un intérêt profond pour un potentiel expressif exclu de plusieurs siècles d'art lyrique, et qui rejoint les tentatives menées dans d'autres disciplines de création, telle la poésie sonore, avec les recherches de Henri Chopin, Bernard Heidsieck...
Le solfège et l'harmonie 65
Exemple I.
NOTE COMMUNE AUX DEUX CLÉS`.
Le solfège et l'harmonie clé de sol
dQ ré mi fa sol la si do etc.
cTefa

etc. fa sol la si do ré mi fa sol la si dQ
MODES ET GAMMES
La musique est un langage. Et, comme tous les autres, ce langage est organisé. La « grammaire » musicale, comme celle des langages parlés, a beaucoup évolué depuis les premiers balbutiements de l'homme préhistorique. Mais il ne faut jamais oublier que le code a toujours suivi l'expérience, de la même façon que, dans le domaine scientifique, la loi est établie d'après les observations. En musique, l'intuition des compositeurs et leurs découvertes ont donc toujours précédé la codification du langage. C'est pourquoi cette « grammaire » est en perpétuelle mutation.
Nous aborderons dans ce chapitre ce qui concerne la musique écrite, dite « musique savante » par opposition à la musique populaire qui se transmet par tradition orale.
Le solfège n'est pas une discipline ésotérique. Lire la musique nécessite évidemment un certain entraînement, mais il n'est pas plus éprouvant que celui qu'on fait subir aux enfants dans l'apprentissage de la lecture courante.
Lorsqu'on écrit une mélodie, le dessin formé par l'emplacement des notes sur la portée correspond au dessin décrit par la mélodie dans l'espace des hauteurs : si la mélodie monte, le dessin monte et vice-versa.
La musique écrite depuis la Renaissance est notée sur des portées '. Au début de chaque portée, il y a une clé qui change selon la tessiture — c'est-à-dire la hauteur — de la musique écrite. Il existe sept clés, mais les plus courantes sont la clé de sol pour les notes aiguës et la clé de fa pour les graves. Lorsqu'on connaît l'emplacement du sol en clé de sol ou du fa en clé de fa, il est facile de lire les autres notes : elles se suivent.
I. Portée : les cinq lignes horizontales, parallèles et équidistantes qui « portent » la notation musicale.
La musique occidentale a été monodique jusqu'au 9e siècle. La monodie désigne une ligne mélodique — une voix unique — sans accompagnement. Cela n'empêche pas que, dans la musique vocale, cette voix unique puisse être exécutée par un groupe de chanteurs : on dit alors qu'ils chantent à l'unisson'.
Les premières pièces musicales écrites étaient religieuses : il s'agissait du chant grégorien ou plain-chant, attaché à la liturgie chrétienne, et venu des églises orientales. Le plain-chant est une musique modale.
Un mode est tout simplement la succession de toutes les notes « naturelles » — les touches blanches du clavier d'un piano par exemple — à partir d'une note donnée.
Exemple 2.
MODE DE RÉ.
. • •
ré mi fa sol la si do ré
Si l'on joue au piano ces notes naturelles les unes à la suite des autres, on constate qu'elles sont séparées entre elles par deux sortes d'intervalles f' des tons et des demi-ions. Les demi-tons sont toujours placés — dans la suite « naturelle » des notes — entre mi-fa et si-do.
2. Cette note commune est appelée presque indifféremment ut depuis le haut Moyen Age — et do (de l'italien) depuis le 17. siècle.
3. On parlera plus tard, dans le même sens, d'unisson dans la musique instrumentale.
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Lexique musical raisonné
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1/2
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Le solfège et l'harmonie
41. ^
6 7 8
,92«,
• • - -
I 2 3 4 5
GAMME MINEURE MÉLODIQUE DESCENDANTE
(elle n'est autre que l'ancien mode de la)
Ailleurs, les notes sont séparées par des tons. Si nous revenons à notre mode de ré, nous constatons que les demi-tons sont placés entre la deuxième et la troisième note, puis entre la sixième et la
septième :
Exemple 3.
- -a-- ^
I 2 3 4 5 6 7 8
Un morceau de plain-chant écrit en mode de ré, c'est-à-dire utilisant les sons de ce mode, aura une certaine « couleur » due à cette disposition des tons et des demi-tons. De plus, ce morceau s'appuiera essentiellement sur le ré qui en sera la note principale et finale. Un morceau écrit en mode de mi aura une « couleur » différente, car la disposition des intervalles sera elle-même différente :
Exemple 4.
MODE DE MI.
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1 2 3 4 5 6 7 8
A l'époque classique, le langage musical s'appauvrira puisqu'il ne conservera que deux modes : le mode majeur et le mode mineur. Le modèle du mode majeur est la gamme de do :
Exemple 5.
fondément modal — le mode de la était l'un des modes les plus couramment utilisés en plain-chant —, sa pratique a poussé les compositeurs à lui octroyer une caractéristique supplémentaire : peu à peu, ils ont ressenti le besoin de rapprocher le sol du la — dans les mouvements ascendants — en l'élevant d'un demi-ton au moyen d'un signe que l'on appelle le dièse. Ce sol dièse, qui donne le sentiment d'être attiré irrésistiblement vers le la est nommé note sensible. La nouvelle gamme ainsi obtenue se nomme gamme mineure « harmonique ».
Exemple 6.
GAMME DE LA MINEUR HARMONIQUE
p
- • e «°-
la si do ré mi fa sol la
Cependant, l'ajout de cette note sensible au mode mineur provoque la formation d'un intervalle difficile à chanter, pour nous, occidentaux : il s'agit de la seconde augmentée située entre le fa naturel et le sol dièse. C'est pourquoi les classiques ont adopté, en particulier dans les mouvements mélodiques, une gamme mineure « mélodique » qui se présente sous deux formes : la forme ascendante et la forme descendante.
GAMME MINEURE MÉLODIQUE ASCENDANTE
(l'adjonction du dièse au fa supprime
l'intervalle de seconde augmentée)
. -e

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